Uber Eats, Deliveroo… Les livreurs à vélo obtiennent une hausse significative de leur revenu minimum
Les livreurs à vélo d'Uber Eats et Deliveroo obtiennent une **hausse de 62%** de leur revenu minimum horaire, qui passe de **11,75€ à 19€ brut**. L'accord, signé avec les syndicats, exclut les pourboires du calcul et instaure un réexamen annuel. Une avancée majeure après une chute des revenus de 34% chez Uber Eats entre 2021 et 2024.
L'analyse
📌 **FAITS** : Le vendredi 10 juillet 2026, les plateformes Uber Eats et Deliveroo ont signé un avenant avec les syndicats Union Indépendants et FNAE, portant le revenu minimum horaire des livreurs à vélo de 11,75€ à 19€ brut. L'accord entre en vigueur le 1er septembre 2026. Les pourboires sont désormais exclus du calcul de la rémunération minimale, et la garantie est appréciée sur une période hebdomadaire (auparavant mensuelle). Une clause de réexamen annuel est prévue, ou en cas d'événement exceptionnel (inflation, pouvoir d'achat).
📍 **CONTEXTE** : L'autorité de régulation Arpe avait publié en 2025 un rapport montrant une baisse drastique du taux horaire brut entre 2021 et 2024 : -34,2% chez Uber Eats, -22,7% chez Deliveroo, -26,6% chez Stuart (inflation déduite). Cette dégradation avait suscité des mobilisations et des plaintes pour « traite d'êtres humains ». L'UE a adopté fin 2024 une directive obligeant les États membres à requalifier certains livreurs comme salariés, à transposer en France avant le 2 décembre 2026.
👥 **ACTEURS** : Joël Blondel (directeur général de l'Arpe) salue « une étape importante dans la construction progressive de garanties collectives ». Fabian Tosolini (Union Indépendants) souligne l'exclusion des pourboires. Bastien Pahus (Uber Eats) parle d'« investissement inédit pour la sécurisation des revenus ». Melvina Sarfati El Grably (Deliveroo) y voit la preuve que « le dialogue social dans le secteur des plateformes fonctionne ». La CGT dénonce un « tour de passe-passe financier ».
📊 **ENJEUX** : Pour les livreurs, cette hausse de 62% améliore significativement leurs revenus, mais le niveau reste inférieur au SMIC horaire (11,88€ net en 2026). Les plateformes évitent une requalification en salariés, qui coûterait bien plus cher (cotisations, congés). Pour les consommateurs, le surcoût pourrait être répercuté sur les frais de livraison ou le prix des plats.
🔮 **PERSPECTIVES** : Scénario tendanciel : l'accord est appliqué, les revenus des livreurs augmentent, mais les plateformes réduisent le nombre de courses ou augmentent les frais. Scénario de rupture : la CGT et d'autres syndicats contestent l'accord, des grèves éclatent, et la directive européenne est transposée, modifiant le statut des livreurs.
Contexte
Similaire à la hausse de 2023, mais avec une baisse préalable des revenus de 34% chez Uber Eats entre 2021 et 2024.
Pourquoi c'est important
Ce sujet concerne directement les consommateurs de livraison de repas, car la hausse des coûts pour les plateformes pourrait se répercuter sur les prix. Pour les livreurs, c'est une amélioration significative de leurs conditions de travail après des années de baisse des revenus. L'accord illustre aussi les tensions entre le modèle des plateformes et les exigences de protection sociale.
Acteurs clés
- Joël Blondel — Directeur général de l'Arpe
Salué l'accord comme une étape importante - Fabian Tosolini — Représentant de l'Union Indépendants
Satisfait de l'exclusion des pourboires - Bastien Pahus — Représentant d'Uber Eats
Qualifie l'accord d'investissement inédit - Melvina Sarfati El Grably — Représentante de Deliveroo
Preuve que le dialogue social fonctionne - CGT — Syndicat non signataire
Opposé à l'accord
Chiffres clés
- 11,75€ brut — Ancien revenu minimum horaire (Arpe (accord 2023))
- 19€ brut — Nouveau revenu minimum horaire (Arpe (avenant 2026))
- -34,2% — Baisse du taux horaire Uber Eats 2021-2024 (Rapport Arpe 2025)
- -22,7% — Baisse du taux horaire Deliveroo 2021-2024 (Rapport Arpe 2025)
- -26,6% — Baisse du taux horaire Stuart 2021-2024 (Rapport Arpe 2025)
Et ensuite
Scénario Tendanciel : L'accord est appliqué, les livreurs voient leurs revenus augmenter de 62%, mais les plateformes pourraient réduire le nombre de courses ou augmenter les frais de livraison pour compenser. Scénario de Rupture : La CGT et d'autres syndicats contestent l'accord, des grèves éclatent, et la directive européenne sur le statut des livreurs est transposée en France avant décembre 2026, imposant une requalification en salariés avec des coûts bien plus élevés pour les plateformes.
Questions fréquentes
Quel est le nouveau revenu minimum horaire pour les livreurs ?
Il passe de 11,75€ à 19€ brut, soit une hausse de 62%. L'accord entre en vigueur le 1er septembre 2026.
Pourquoi les pourboires sont-ils exclus du calcul de la rémunération ?
Pour éviter que les plateformes n'utilisent les pourboires pour atteindre le minimum garanti, ce qui permet de garantir un revenu de base plus élevé et plus prévisible pour les livreurs.
Quelle est la position de la CGT sur cet accord ?
La CGT dénonce un « tour de passe-passe financier », estimant que l'accord ne résout pas les problèmes structurels de précarité et de dépendance des livreurs.
Sources
- *Uber Eats, Deliveroo… Les livreurs à vélo obtiennent une hausse significative de leur revenu minimum*La Croix
- *Uber Eats, Deliveroo… Les livreurs obtiennent une hausse de leur revenu minimal et de nouveaux avantages*20 Minutes
- *Les livreurs de repas obtiennent une hausse significative de leur rémunération : Actualités - Orange*Orange