Les parents de la petite Inass Touloub comparaissent à Blois pour clore trente-neuf ans d'impunité.
Trente-neuf ans après la découverte du corps mutilé de la **« petite martyre de l’A10 »** à Suèvres, ses parents, Halima El Bakhti et Ahmed Touloub, sont jugés à Blois. Ce procès pour **tortures**, **barbarie** et **complicité** clôt l'un des plus anciens cold cases de France.
L'analyse
📌 **FAITS**
- **11 août 1987** : Découverte du corps sans vie d'une fillette de 4 ans, portant des traces de coups, de morsures humaines et de brûlures de fer à repasser, au bord de l'autoroute A10 à Suèvres (Loir-et-Cher). Aucune disparition n'avait été signalée.
- **2013 - 2017** : Une expertise génétique isole deux profils ADN familiaux. En 2017, un prélèvement effectué lors d'une altercation dans l'Aisne sur Anouar Touloub permet d'identifier la victime comme étant sa sœur, Inass Touloub, née le 3 juillet 1983 à Casablanca.
- **2018** : Interpellation des parents, Halima El Bakhti et Ahmed Touloub. Après plusieurs mois de détention provisoire, ils sont libérés sous contrôle judiciaire en 2019 et 2020.
- **29 avril 2025** : La Cour de cassation rejette la demande de dépaysement du procès.
- **2 novembre 2026** : Ouverture du procès devant la cour d'assises du Loir-et-Cher à Blois, prévu pour durer jusqu'au 18 novembre 2026.
📍 **CONTEXTE**
Pendant près de quarante ans, l'affaire de la « petite inconnue de l'A10 » a constitué un défi majeur pour les enquêteurs. La gendarmerie avait déployé des moyens inédits (signalement diffusé dans plus de 30 pays, portraits affichés dans 65 000 écoles et 30 000 mairies). L'identification tardive par empreinte génétique illustre l'évolution des techniques de police scientifique sur les dossiers anciens.
👥 **ACTEURS**
- **Halima El Bakhti (72 ans)** : Mère d'Inass, renvoyée pour actes de torture et de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Elle reconnaît des gifles mais nie les brûlures et morsures.
- **Ahmed Touloub (74 ans)** : Père d'Inass, poursuivi pour complicité et abstention d'intervenir. Il affirme ne pas être intervenu par crainte de son épouse et de la décision des services sociaux concernant leurs autres enfants.
- **Parties civiles** : Les autres enfants du couple, la mairie de Suèvres et plusieurs associations de protection de l'enfance (Enfance et partage, Alexis Danan, La Voix de l'enfant).
- **Magistrats et défense** : Présidence assurée par Audrey Debeugny-Lemonnier ; accusation portée par le procureur Stéphane Javet et la substitute Anaïs Allio. La défense est assurée par Me Camille Radot et Me Franck Berton.
📊 **ENJEUX**
Le procès pose la question de la responsabilité pénale respective de deux parents dans un huis clos familial marqué par des violences d'une extrême gravité. Pour la commune de Suèvres et les associations, l'enjeu est de donner une vérité judiciaire à la mémoire d’Inass après quatre décennies de silence.
🔮 **PERSPECTIVES**
Les douze jours d'audience et l'audition d'une quinzaine d'experts doivent démêler les versions contradictoires des deux accusés, qui risquent la réclusion criminelle à perpétuité.
Contexte
Ce dossier s'inscrit dans la lignée des grands cold cases français résolus plusieurs décennies après les faits grâce au FNAEG (Fichier national automatisé des empreintes génétiques), au même titre que l'affaire de l'inconnue du Mont-Saint-Michel.
Pourquoi c'est important
Ce procès illustre la capacité de la justice à résoudre des affaires criminelles très anciennes grâce à l'évolution de la génétique légale. Pour les citoyens et les institutions de protection de l'enfance, il rappelle l'importance de la traçabilité administrative et de la vigilance collective face aux maltraitances intra-familiales cachées.
Acteurs clés
- Halima El Bakhti — Mère de la victime (72 ans)
Accusée de tortures et actes de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner. - Ahmed Touloub — Père de la victime (74 ans)
Accusé de complicité et d'abstention d'intervenir pour empêcher un crime. - Audrey Debeugny-Lemonnier — Présidente de la cour d'assises du Loir-et-Cher
Direction des débats lors des 12 jours d'audience à Blois. - Stéphane Javet — Procureur de la République de Blois
Représentant du ministère public au procès.
Chiffres clés
- 30 ans — Durée d'impunité avant identification (RMC / ICI)
- 206 097 € — Coût logistique du procès (JSS)
- 12 jours — Durée prévue des audiences (ICI / JSS)
Et ensuite
À l'issue des deux semaines de débats prévues jusqu'au 18 novembre 2026, la cour d'assises du Loir-et-Cher rendra son verbe pénale. La condamnation éventuelle établira un précédent judiciaire marquant pour le traitement des homicides d'enfants non signalés sur plusieurs décennies.
Questions fréquentes
Qui était la « petite martyre de l'A10 » ?
La victime a été identifiée en 2017 comme étant Inass Touloub, née le 3 juillet 1983 à Casablanca, dont le corps mutilé avait été abandonné le long de l'autoroute A10 en août 1987.
Quelles sont les peines encourues par les parents ?
Halima El Bakhti (accusée de tortures et barbarie ayant entraîné la mort) et Ahmed Touloub (accusé de complicité) encourent la réclusion criminelle à perpétuité.
Comment l'affaire a-t-elle été résolue après 30 ans ?
Une analyse génétique réalisée en 2013 a isolé l'ADN de la fratrie. En 2017, l'arrestation du frère d'Inass pour un délit distinct a permis de faire le rapprochement génétique et de retrouver les parents.
Sources
- *Procès de l’affaire dite de « la petite martyre de l’A10 » : un défi logistique pour un dossier « rarissime »* (nouvelle fenêtre)JSS
- *Les parents de "la petite martyre de l'A10" jugés 39 ans après sa mort: un des plus vieux cold cases en France* (nouvelle fenêtre)RMC / BFMTV
- *"Petite martyre de l'A10" : de quoi sont accusés les parents d'Inass Touloub ?* (nouvelle fenêtre)ICI / France Bleu
- @lecho_fr: Le procès des parents s'ouvre le 2 novembre à Blois, 39 ans après la découverte du corps à… (nouvelle fenêtre)@lecho_fr
- @lepopulaire_fr: Le procès des parents de « la petite martyre de l'A10 » s'ouvre lundi 2 novembre à Blois. (nouvelle fenêtre)@lepopulaire_fr
- @afpfr: Les parents de la fillette retrouvée morte en 1987 au bord de l'A10 comparaissent devant l… (nouvelle fenêtre)@afpfr