PRISM
🏛️ Politique 1 juin 2026 Bruit 50%

Le Sénat adopte la restitution des ossements kali'na conservés 133 ans à Paris : une première historique pour les Outre-mer

Le Sénat a approuvé le 18 mai 2026 une **proposition de loi** visant à restituer à la Guyane les ossements de huit ancêtres **kali'na**, morts en 1892 au Jardin d'Acclimatation de Paris. Les dépouilles, conservées au Musée de l'Homme, seront rapatriées à Iracoubo pour des rites funéraires dignes.

Le Sénat adopte la restitution des ossements kali'na conservés 133 ans à Paris : une première historique pour les Outre-mer

L'analyse

📌 **FAITS** :

- Le Sénat a adopté le 18 mai 2026 une proposition de loi autorisant la restitution des ossements amérindiens à la Guyane.

- En 1892, 47 kali'na de Guyane et du Suriname ont été exhibés au Jardin d'Acclimatation de Paris dans un « zoo humain ». Huit d'entre eux sont morts durant l'hiver 1892.

- Leurs dépouilles ont été exhumées et intégrées aux collections du Muséum d'histoire naturelle, puis conservées au Musée de l'Homme.

- Six des huit défunts ont leurs ossements identifiés dans les collections.

- La loi déclassifie ces restes de « biens culturels » à « restes humains », contournant le principe d'inaliénabilité des collections publiques.

📍 **CONTEXTE** :

- La pratique des « zoos humains » était courante au XIXe siècle. L'affaire fait écho à la restitution du crâne du chef kanak Ataï en 2014, première exception pour un territoire d'outre-mer.

- L'association Moliko Alet+Po, fondée en 2021 par la descendante Corinne Toka-Devilliers, milite depuis pour ce rapatriement.

👥 **ACTEURS** :

- **Corinne Toka-Devilliers** (descendante de Moliko) : « Ces restes humains n'ont rien à faire dans nos musées. Il faut leur rendre leur dignité de dépouille. »

- **Jean-Victor Castor** (député) : « Ce ne sont pas des archives, ce sont nos ancêtres. »

- **Max Brisson** (sénateur) : « Il s’agit de les faire rentrer en Guyane, sur la terre de leurs ancêtres. De permettre qu’ils aient des rites funéraires dignes. »

- **Frédéric Maillot** (député Réunion) : cite les restes d'esclaves réunionnais au Musée de l'Homme.

📊 **ENJEUX** :

- **Juridique** : Créer un précédent pour les restes humains présents dans les collections publiques françaises (notamment ceux des outre-mer).

- **Symbolique** : Réparation d'une spoliation coloniale et reconnaissance de la dignité des peuples autochtones.

- **Politique** : Un texte qui pourrait servir de modèle pour d'autres dossiers (comme les ossements réunionnais).

🔮 **PERSPECTIVES** :

- Le texte va maintenant être examiné par l'Assemblée nationale. Si adopté, les ossements seront transférés en Guyane, un lieu à Iracoubo étant à l'étude pour les sépultures.

Contexte

Similaire à la restitution du crâne d'Ataï en 2014, mais sur un plus grand nombre de dépouilles.

Pourquoi c'est important

Cette décision marque une avancée majeure dans la reconnaissance des violences coloniales et ouvre la voie à la restitution d'autres dépouilles conservées dans les musées français, impactant directement les communautés ultramarines et autochtones.

Acteurs clés

  • Corinne Toka-Devilliers — Descendante de Moliko et fondatrice de l'association Moliko Alet+Po
    Favorable à la restitution immédiate
  • Max Brisson — Sénateur
    Porte-parole de la proposition de loi
  • Jean-Victor Castor — Député
    Soutien à la loi

Chiffres clés

  • 18 mai 2026 — Date d'adoption au Sénat (Actu Nouméa)
  • 47 — Nombre d'Amérindiens exhibés en 1892 (la1ere.franceinfo.fr)
  • 8 — Nombre de décès durant l'exposition (Actu Nouméa et la1ere.franceinfo.fr)
  • 6 (selon la1ere) — Ossements conservés au Musée de l'Homme (la1ere.franceinfo.fr)
  • 133 ans — Durée de conservation à Paris (la1ere.franceinfo.fr)

Et ensuite ?

Scénario Tendanciel : adoption définitive sous un an, restitution aux communautés kali'na, création d'un lieu de sépulture à Iracoubo, puis extension à d'autres restes humains (Réunion, Kanak). Scénario de Rupture : difficultés juridiques ou politiques, opposition des institutions muséales, report sine die.

Sources

Lire l'analyse complète dans PRISM