La justice française interdit à Shein de vendre dans l'UE des produits imitant le crocodile Lacoste.
Le tribunal judiciaire de Paris a interdit à **Shein** de commercialiser dans l'Union européenne des vêtements et accessoires imitant le **crocodile Lacoste**, jugeant un risque de confusion. La décision provisoire impose une provision de 110 000 € à Lacoste et la publication de l'ordonnance sur les plateformes Shein.
L'analyse
📌 **FAITS** : Le jeudi 9 juillet 2026, le tribunal judiciaire de Paris (3ᵉ chambre civile, spécialisée en propriété intellectuelle) a rendu une ordonnance provisoire interdisant à Shein de vendre dans l’ensemble de l’Union européenne des vêtements, bijoux et accessoires de mode portant un logo imitant le crocodile de Lacoste. Le juge a retenu un « risque de confusion manifeste pour les consommateurs » et la « vraisemblance d’une contrefaçon par imitation ». En outre, il a accordé à Lacoste une provision de 110 000 € à valoir sur la réparation du préjudice et ordonné à Shein de publier la décision sur sa page d’accueil et ses applications pendant un mois.
📍 **CONTEXTE** : Cette décision s’inscrit dans un mouvement plus large de régulation de la « mode éphémère » (fast fashion). Fin juin 2026, le Parlement français a définitivement adopté une proposition de loi visant à enrayer l’essor de ce modèle, incarné par Shein, Temu et AliExpress. Un projet d’arrêté gouvernemental prévoit des pénalités financières allant jusqu’à 20 € par pièce en 2030, plafonnées à 50 % du prix hors taxe, pour une liste de vêtements (boxers, jeans, T‑shirts, etc.). Mi‑juin, le grand magasin parisien BHV a annoncé la fin de son partenariat avec Shein.
👥 **ACTEURS** : **Lacoste** (marque française de prêt‑à‑porter, propriétaire du célèbre crocodile) a saisi la justice pour faire cesser ce qu’elle considère comme une contrefaçon. **Shein** (plateforme chinoise de vente en ligne, géant de la fast fashion) conteste les faits ; sa filiale française a indiqué qu’elle réagirait par communiqué dans la soirée. Le **tribunal judiciaire de Paris** a statué en référé, c’est‑à‑dire en urgence, sur la base du droit des marques de l’Union européenne.
📊 **ENJEUX** : Pour le consommateur, cette décision vise à éviter toute confusion entre les produits Lacoste et ceux de Shein, protégeant ainsi la réputation et la valeur de la marque. Pour Shein, l’interdiction représente une entrave à son modèle commercial fondé sur la copie rapide de tendances. Pour l’industrie textile française, c’est un signal fort en faveur de la protection de la propriété intellectuelle face aux plateformes low‑cost. La provision de 110 000 € reste modeste au regard des volumes de Shein, mais la publication obligatoire de la décision pourrait dissuader d’autres imitateurs.
🔮 **PERSPECTIVES** : **Scénario tendanciel** : Shein se conformera à l’ordonnance et retirera les produits litigieux, mais pourrait contester le fond devant le tribunal. **Scénario de rupture** : Si la proposition de loi contre la mode éphémère est promulguée, les pénalités financières pourraient atteindre 20 € par pièce en 2030, rendant le modèle de Shein moins rentable en France. Par ailleurs, d’autres marques (comme Adidas, Nike) pourraient engager des actions similaires, multipliant les contentieux.
Contexte
Similaire à l'affaire Louboutin contre Van Haren (2018) sur la protection des marques de mode, mais ici avec une portée européenne immédiate.
Pourquoi c'est important
Cette décision vous concerne directement en tant que consommateur : elle vise à vous protéger contre les imitations qui pourraient vous faire croire que vous achetez un produit Lacoste alors qu’il s’agit d’un article Shein. Elle illustre aussi la volonté des autorités françaises de réguler la fast fashion, ce qui pourrait à terme modifier les prix et l’offre sur les plateformes de vente en ligne.
Acteurs clés
- Tribunal judiciaire de Paris — Autorité judiciaire
A rendu une ordonnance provisoire interdisant la vente des produits litigieux - Lacoste — Marque plaignante
Demande la protection de son logo crocodile - Shein France — Filiale de la plateforme chinoise
Conteste les faits, annonce une réaction par communiqué
Chiffres clés
- 110 000 € — Provision accordée à Lacoste (La Croix)
- 20 € par pièce, plafonnée à 50 % du prix HT — Pénalité maximale prévue par projet d'arrêté (2030) (La Croix)
- Jeudi 9 juillet 2026 — Date de la décision judiciaire (Le Figaro, La Croix)
Et ensuite ?
Scénario Tendanciel : Shein retire les produits et se conforme à l'ordonnance, mais pourrait engager un recours au fond. Scénario de Rupture : La loi contre la mode éphémère entre en vigueur, imposant des pénalités lourdes ; d'autres marques (Adidas, Nike) intentent des actions similaires, multipliant les contentieux et fragilisant le modèle économique de Shein en Europe.
Questions fréquentes
Pourquoi Shein a-t-elle été interdite de vendre des produits imitant Lacoste ?
Le tribunal judiciaire de Paris a jugé qu'il existait un risque de confusion manifeste pour les consommateurs et une vraisemblance de contrefaçon par imitation du logo crocodile de Lacoste.
Quelles sont les conséquences immédiates pour Shein ?
Shein doit cesser de vendre les produits litigieux dans toute l'UE, verser une provision de 110 000 € à Lacoste et publier la décision sur sa page d'accueil et ses applications pendant un mois.
Cette décision s'inscrit-elle dans un cadre plus large ?
Oui, elle intervient alors que le Parlement français a adopté fin juin 2026 une proposition de loi contre la mode éphémère, et qu'un projet d'arrêté prévoit des pénalités allant jusqu'à 20 € par pièce en 2030.