PRISM
International 7 juillet 2026 Bruit 30%

La flambée des prix du carburant a provoqué une baisse de consommation de 14 % en mai, privant l'État de 80 millions d'euros de recettes fiscales au premier semestre 2026.

La hausse du gazole de **1,72 à 2,40 €/L** après les frappes en Iran a réduit la consommation de **14 %** en mai, entraînant un **manque à gagner de 80 millions d'euros** pour l'État. Le gouvernement écarte une « cagnotte » et le RN propose une baisse de TVA impossible en droit européen.

L'analyse

📌 **FAITS**

- Les recettes fiscales sur les carburants ont baissé de **plus de 80 millions d'euros** au premier semestre 2026 par rapport à la même période en 2025.

- La guerre au Moyen-Orient (frappes israélo-américaines en Iran le **28 février**) a fait grimper le prix du gazole de **1,72 €/L** à près de **2,40 €/L** (hausse de ~40 %). L'essence a augmenté dans des proportions moindres.

- La consommation de carburants a chuté de **14 % du 1er au 20 mai** (source : ministre de l'Économie Roland Lescure).

- Un accord États-Unis‑Iran mi-juin a ramené le pétrole brut autour de **70 dollars**, mais les prix à la pompe restent **10 % plus élevés** qu'avant la crise.

- Le Rassemblement national a proposé de réduire la TVA sur les carburants à **5,5 %**, mais le droit européen interdit un taux inférieur à **15 %**.

- TotalEnergies a enregistré un bénéfice de **4,96 milliards d'euros** au premier trimestre 2026, en hausse de **51 %** sur un an.

📍 **CONTEXTE**

Cette baisse de recettes intervient après plusieurs épisodes de tension géopolitique au Moyen-Orient. En 2018, la hausse des prix du carburant avait déclenché le mouvement des « gilets jaunes ». Aujourd'hui, la combinaison d'une flambée des prix et d'une baisse de consommation (covoiturage, télétravail) ampute les finances publiques, alors que le gouvernement avait évoqué une possible « cagnotte » pour financer des aides — cagnotte qui, selon le ministre David Amiel, n'a pas existé.

👥 **ACTEURS**

- **David Amiel** (ministre des Comptes publics) : annonce la perte sur RTL le 6 juillet, et insiste : « Heureusement qu’on n’a pas écouté ceux qui disaient “utilisez cette cagnotte” ».

- **Roland Lescure** (ministre de l'Économie) : confirme fin mai la baisse de consommation de 14 %, l'attribuant au covoiturage et au télétravail.

- **Maud Bregeon** (porte-parole du gouvernement) : fin avril, elle laisse la porte ouverte à une **taxation des superprofits** (« on ne s’interdit rien »).

- **Sébastien Lecornu** (Premier ministre) : le 2 juillet, il déclare vouloir « canaliser l'appétit fiscal », semblant temporiser.

- **Patrick Pouyanné** (PDG de TotalEnergies) : le 4 juillet, il appelle à « aider les entreprises plutôt que de les taxer », évoquant des « inquisiteurs fiscaux ».

📊 **ENJEUX**

- **Finances publiques** : 80 millions d'euros de recettes en moins creusent le déficit ; l'État doit arbitrer entre maintien des services publics et promesses de baisse d'impôts.

- **Pouvoir d'achat** : les automobilistes subissent des prix 10 % plus élevés qu'avant la crise, malgré la baisse du brut.

- **Fiscalité des énergéticiens** : le débat sur une taxe sur les superprofits de TotalEnergies oppose le gouvernement (qui temporise) et le PDG (qui refuse). Le bénéfice record de 4,96 milliards d'euros (+51 %) rend la pression politique forte.

- **Proposition RN** : une baisse de TVA à 5,5 % est populaire mais impossible sans renégociation des traités européens ; le gouvernement l'utilise pour contrer l'opposition.

🔮 **PERSPECTIVES**

- **Scénario tendanciel** : si les prix restent 10 % au-dessus du niveau pré-crise, la consommation pourrait baisser encore, réduisant davantage les recettes. L'État devra peut-être renoncer à des baisses d'impôts ou augmenter d'autres taxes.

- **Scénario de rupture** : une nouvelle escalade au Moyen-Orient ferait repartir les prix à la hausse, aggravant le manque à gagner et relançant les tensions sociales (risque de « gilets jaunes 2.0 »).

- **Taxation des superprofits** : si le gouvernement cède à la pression, TotalEnergies pourrait être taxée, mais cela risquerait de freiner les investissements.

Contexte

Similaire à la crise des gilets jaunes de 2018, où la hausse des prix des carburants avait provoqué une baisse de consommation et une révolte sociale, la situation actuelle combine tensions géopolitiques et impact budgétaire.

Pourquoi c'est important

Ce sujet concerne directement chaque automobiliste et contribuable français : la baisse de consommation de carburants, due à des prix records, prive l'État de recettes fiscales qui financent services publics et infrastructures. En parallèle, le débat sur une éventuelle taxation des superprofits de TotalEnergies (bénéfice en hausse de 51 %) oppose le gouvernement et le PDG, avec des conséquences potentielles sur le pouvoir d'achat et les finances publiques.

Acteurs clés

  • David Amiel — Ministre des Comptes publics
    Annonce la perte de 80 millions d'euros, écarte l'idée d'une cagnotte
  • Roland Lescure — Ministre de l'Économie
    Confirme la baisse de consommation de 14% en mai
  • Maud Bregeon — Porte-parole du gouvernement
    Laisse ouverte la possibilité d'une taxation des superprofits
  • Sébastien Lecornu — Premier ministre
    Veut 'canaliser l'appétit fiscal'
  • Patrick Pouyanné — PDG de TotalEnergies
    Opposé à une taxation des superprofits, défend les entreprises

Chiffres clés

  • Plus de 80 millions d'euros — Baisse des recettes fiscales carburants (S1 2026 vs S1 2025) (David Amiel (La Croix, Challenges))
  • 14% — Baisse de consommation de carburants (1er-20 mai 2026 vs 2025) (Roland Lescure (La Croix, Challenges))
  • 1,72 €/L — Prix du gazole avant crise (27 février 2026) (La Croix, Challenges)
  • Près de 2,40 €/L (hausse ~40%) — Prix du gazole au pic de la crise (La Croix, Challenges)
  • Environ 70 dollars — Prix du pétrole brut après accord US-Iran (mi-juin 2026) (La Croix)
  • +10% — Écart des prix à la pompe fin juin vs avant crise (La Croix, Challenges)
  • 4,96 milliards d'euros (+51% sur un an) — Bénéfice net TotalEnergies T1 2026 (Challenges)

Et ensuite ?

**Scénario tendanciel** : si les prix restent 10 % au-dessus du niveau pré-crise, la consommation pourrait baisser encore, réduisant davantage les recettes. L'État devra arbitrer entre maintien des services publics et promesses de baisse d'impôts.

**Scénario de rupture** : une nouvelle escalade au Moyen-Orient ferait repartir les prix à la hausse, aggravant le manque à gagner (possible >100 millions d'euros) et relançant les tensions sociales (risque de « gilets jaunes 2.0 »).

Questions fréquentes

Pourquoi l'État perd-il 80 millions d'euros sur les carburants ?

La guerre au Moyen-Orient a fait grimper les prix à la pompe (gazole passé de 1,72 à 2,40 €/L). En réaction, les Français ont réduit leur consommation de 14% en mai, ce qui a mécaniquement diminué les recettes de TVA et de TICPE perçues par l'État.

Quelle est la proposition du Rassemblement national sur la TVA des carburants ?

Le RN propose de baisser la TVA sur les carburants à 5,5% (contre 20%). Cependant, le droit européen interdit un taux inférieur à 15%, ce que le gouvernement rappelle pour contrer cette proposition.

TotalEnergies peut-il être taxé sur ses superprofits ?

Le gouvernement a évoqué cette possibilité : la porte-parole Maud Bregeon a déclaré « on ne s’interdit rien ». Mais le PDG Patrick Pouyanné s'y oppose fermement, évoquant des « inquisiteurs fiscaux ». Aucune décision n'a été prise à ce stade.

Sources

Lire l'analyse complète dans PRISM