La COP17 sur la biodiversité repousse à 2027 la révision des financements pour la nature.
Les négociations de la **COP17 sur la biodiversité** se sont conclues à **Erevan** par un texte à la portée financière très limitée. Bloqués par l'opposition de pays émergents et pétroliers, les États ont repoussé à 2027 la révision de la liste des pays contributeurs.
L'analyse
📌 **FAITS**: La COP17 sur la biodiversité s'est achevée le samedi 31 octobre 2026 à Erevan, en Arménie. Malgré deux semaines de discussions, les délégués n'ont pas réussi à modifier la liste officielle des pays finançant la protection de la nature, congelée depuis 2006. Le texte adopté remplace la notion d'« ambition » par celle de « l'élargissement du champ d'application » et invite à « accélérer l'implémentation » de la cible 18 sur les subventions néfastes.
📍 **CONTEXTE**: En 2022, lors de la COP15 à Montréal, près de 200 pays s'étaient engagés à protéger 30 % des terres et des mers d'ici 2030 (cadre de Kunming-Montréal). Deux ans plus tard à la COP16 à Cali, un mécanisme d'abondement (« fonds Cali ») prévoyait que 20 000 grandes entreprises versent 1 % de leurs bénéfices pour compenser l'utilisation de ressources génétiques du Sud. Cependant, deux ans après, ces entreprises n'ont versé que 6 000 dollars au total.
👥 **ACTEURS**: L'Union européenne a plaidé pour inclure de nouveaux pays émergents riches dans la liste des contributeurs financiers. L'Arabie saoudite, le Brésil et la Russie se sont fermement opposés à cette révision ainsi qu'à toute formulation trop critique concernant les subventions aux énergies fossiles. La ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, a fustigé un bilan purement administratif et en deçà des enjeux.
📊 **ENJEUX**: Le blocage financier paralyse la mise en œuvre de la protection de 30 % de la planète. L'absence de contributions contraignantes des entreprises de biotechnologie utilisant les ressources génétiques du Sud (patate, cacao, médicaments) prive les communautés locales et peuples autochtones des financements promis.
🔮 **PERSPECTIVES**: Les négociations sur la révision des contributeurs sont reportées à l'année prochaine, le secrétariat de la COP devant élaborer un état des lieux exhaustif des contributions. Sans révision des règles de financement et sans réallocation des subventions néfastes, les objectifs mondiaux de sauvegarde pour 2030 risquent de rester inatteignables.
Contexte
Similaire à la COP16 de Cali où les mécanismes d'abondement financier privés n'ont rapporté que 6 000 dollars.
Pourquoi c'est important
Cette impasse diplomatique touche directement la préservation des écosystèmes mondiaux et des ressources naturelles indispensables à l'alimentation et la santé. Sans financement accru des pays riches et émergents, les engagements pris pour protéger 30 % des terres et des mers d'ici 2030 ne disposeront pas des moyens financiers nécessaires.
Acteurs clés
- Monique Barbut — Ministre française de la Transition écologique
Critique du texte final adoptif - Union européenne — Bloc diplomatique
En faveur de l'intégration des pays émergents dans la liste des contributeurs - Arabie saoudite et Brésil — Pays émergents et producteurs de pétrole
Opposés à l'élargissement de la liste des financeurs et à la critique des subventions fossiles
Chiffres clés
- 30 % — Cible de protection mondiale d'ici 2030 (Accord de Kunming-Montréal)
- 2006 — Dernière révision de la liste des pays financeurs (l'Opinion)
- 6 000 $ — Somme collectée par le Fonds Cali de la COP16 (Le Canard enchaîné)
Et ensuite
Scénario Tendanciel : Le maintien de la liste de 2006 laisse peser le financement de la biodiversité sur un nombre restreint de pays développés, entraînant un sous-financement chronique du cadre de Kunming-Montréal d'ici 2030.
Scénario de Rupture : Un accord obtenu lors des négociations de 2027 réintègre les pays émergents et contraint le secteur privé à verser des redevances réelles sur l'utilisation des ressources génétiques.
Questions fréquentes
Qu'a décidé la COP17 sur les financements de la biodiversité ?
La COP17 s'est terminée sans modifier la liste des pays financant la biodiversité, inchangée depuis 2006, repoussant l'arbitrage diplomatique à l'année prochaine.
Pourquoi la ministre française a-t-elle critiqué le texte final de la COP17 ?
Monique Barbut a déploré un texte très administratif, estimant que les résultats de la COP17 ne sont pas à la hauteur des enjeux écologiques mondiaux.
Sources
- *Qui payera pour sauver la nature ? A la COP Biodiversité, des avancées timides sur la question des financements* (nouvelle fenêtre)l'Opinion
- *COP17 sur la biodiversité : Un pillage génétique sans-gêne* (nouvelle fenêtre)Le Canard enchaîné
- COP17 : l’action mondiale pour la biodiversité jugée insuffisante (nouvelle fenêtre)AFP
- Les dernières 24 heures de la conférence sur la biodiversité à Erevan #COP17 (nouvelle fenêtre)UN Environment Programme
- Arménie : ouverture de la COP17 sur la biodiversité (nouvelle fenêtre)AFP
- 🔴 COP17 à Erevan : le cadre mondial de la biodiversité à l’épreuve des engagements – CONTEXTE LIVE (nouvelle fenêtre)Contexte
- COP17: Pourquoi le monde se donne rendez-vous en Arménie (nouvelle fenêtre)CIVILNET
- 🌍 La COP17 sur la biodiversité s’ouvre en Arménie : quels enjeux pour la nature ? (nouvelle fenêtre)GEO France
- En direct d'Arménie : Dernières actualités et analyses de la COP17 (nouvelle fenêtre)California Natural Resources Agency
- La COP 17 de la biodiversité à Erevan (Arménie) du 19 au 30 octobre 2026. (nouvelle fenêtre)Parole de Vie