Jacques Leveugle, accusé d'agressions sur 89 mineurs, ne sera jugé que pour deux victimes en 2027.
**Jacques Leveugle**, 79 ans, est accusé d'avoir agressé sexuellement **89 mineurs** entre 1971 et 2023. Mais la **prescription** a effacé la quasi-totalité des faits. Seules **deux victimes** verront leur affaire jugée en 2027. Le parquet dénonce un dossier 'singulier' et une 'justification' de ses actes.
L'analyse
📌 **FAITS**
- Jacques Leveugle, 79 ans, ancien éducateur, est mis en examen depuis février 2024 pour viols et agressions sexuelles sur **89 mineurs** (79 identifiés) âgés de 13 à 17 ans, entre 1971 et 2023.
- Les faits se sont déroulés en France et dans une dizaine d'autres pays (Algérie, Maroc, Colombie, Inde, Allemagne).
- Le 10 février 2026, le parquet de Grenoble lance un appel à témoins, aboutissant à **cinq nouvelles plaintes**.
- Le 24 juillet 2026, le procureur Étienne Manteaux annonce que **la très grande majorité des faits sont prescrits**. Seules deux victimes (hommes de 43 et 45 ans) sont non prescrites.
- Le procès est prévu devant la cour criminelle départementale de l'Isère en **2027**.
- Leveugle est également soupçonné des meurtres de sa mère (1974) et de sa tante (1992), également prescrits.
📍 **CONTEXTE**
La prescription des viols sur mineurs a été allongée à 30 ans après la majorité de la victime par la loi Schiappa de 2018, mais cette réforme n'est pas rétroactive. Ainsi, les faits antérieurs à 1996 environ ne peuvent plus être poursuivis. Cette affaire rappelle d'autres dossiers où la prescription a limité les poursuites, comme celui de Joël Le Scouarnec.
👥 **ACTEURS**
- **Jacques Leveugle** : ancien éducateur, il a globalement reconnu la matérialité des faits et amorce des débuts de remords, selon le procureur. Il justifie ses actes par un discours sur l'éveil sexuel des adolescents, citant des intellectuels des années 1970.
- **Procureur Étienne Manteaux** : qualifie le dossier de 'tout à fait singulier' et souligne le 'défi considérable' pour identifier les victimes.
- **Victimes** : 55 ont été entendues, 24 ont déposé plainte. Certaines disent que leur vie a changé grâce à Leveugle, qui les a sorties de milieux paupérisés.
📊 **ENJEUX**
- **Pour le lecteur** : cette affaire illustre les lacunes du système judiciaire face aux crimes sexuels anciens. La prescription prive des dizaines de victimes de justice, un enjeu sociétal majeur.
- **Mécanisme** : le délai de prescription court à partir de la majorité de la victime (18 ans). Pour les faits les plus anciens (1971), même le délai de 30 ans est dépassé.
- **Conséquence** : seuls deux dossiers aboutiront à un procès, laissant 87 victimes sans reconnaissance judiciaire.
🔮 **PERSPECTIVES**
- **Scénario tendanciel** : le procès de 2027 portera uniquement sur deux victimes. Leveugle risque une peine de réclusion criminelle. Les autres victimes n'obtiendront pas justice.
- **Scénario de rupture** : un débat sur une éventuelle réforme de la prescription (suppression ou allongement supplémentaire) pourrait émerger, mais reste peu probable à court terme.
Contexte
Similaire à l'affaire du pédocriminel Joël Le Scouarnec, où la prescription a également limité les poursuites. La loi Schiappa de 2018 a allongé les délais mais sans rétroactivité.
Pourquoi c'est important
Cette affaire illustre les limites de la prescription en matière de violences sexuelles sur mineurs, un sujet qui touche des milliers de victimes chaque année. Elle montre comment un prédateur a pu agir en toute impunité pendant plus de 50 ans, en utilisant son statut d'éducateur et un discours pseudo-intellectuel. Pour le citoyen, c'est un rappel que la justice n'est pas toujours en mesure de punir des crimes anciens, même d'une gravité extrême.
Acteurs clés
- Jacques Leveugle — Accusé
Ancien éducateur, 79 ans, mis en examen pour viols et agressions sexuelles - Étienne Manteaux — Procureur de la République de Grenoble
Chef du parquet - Victimes (anonymes) — Plaignants
55 entendues, 24 plaintes déposées
Chiffres clés
- 89 — Nombre de victimes alléguées (20min.ch (AFP))
- 79 — Victimes identifiées (franceinfo)
- 2 — Victimes non prescrites (20min.ch et franceinfo)
- 1971-2023 — Période des faits (20min.ch)
- 2027 — Date du procès prévu (20min.ch)
Et ensuite ?
**Scénario tendanciel** : le procès de 2027 portera uniquement sur deux victimes. L'accusé risque une peine de réclusion criminelle. Les autres victimes n'obtiendront pas justice. **Scénario de rupture** : une réforme de la prescription pourrait être débattue, mais peu probable à court terme.
Questions fréquentes
Pourquoi la plupart des faits sont-ils prescrits dans l'affaire Leveugle ?
Les faits les plus anciens remontent à 1971. Le délai de prescription pour les viols sur mineurs a été allongé à 30 ans après la majorité de la victime par la loi de 2018, mais cette réforme n'est pas rétroactive. Ainsi, seuls les faits postérieurs à 1996 environ sont encore poursuivables.
Qui est Jacques Leveugle ?
Ancien éducateur de 79 ans, il a été mis en examen en février 2024 après la découverte de ses mémoires (15 tomes) par son neveu. Il est accusé d'agressions sexuelles sur 89 mineurs dans plusieurs pays, et a globalement reconnu les faits.
Quand aura lieu le procès de Jacques Leveugle ?
Le procès est prévu en 2027 devant la cour criminelle départementale de l'Isère. Seules deux victimes (des hommes de 43 et 45 ans) seront concernées, les autres faits étant prescrits.