Huit ans après la rue d'Aubagne, le procès en appel s'ouvre à Marseille avec quinze prévenus jugés pour huit morts.
Le procès en appel des effondrements de la rue d'Aubagne s'ouvre à Marseille, huit ans après le drame qui a tué huit personnes. Quinze prévenus comparaissent, tandis que la ville compte encore près de 40 000 logements indignes et que 950 immeubles sont sous arrêté.
L'analyse
📌 **FAITS**
- Le 5 novembre 2018, trois immeubles s'effondrent rue d'Aubagne à Marseille, faisant huit morts.
- Huit ans plus tard, le procès en appel s'ouvre le lundi 2 novembre 2026, avec quinze prévenus : un ex-adjoint au maire, un expert-architecte, des propriétaires et d'autres acteurs.
- Un « lieu ressources » a été inauguré début octobre 2026 à l'emplacement des immeubles effondrés.
- En juin 2026, les planchers d'un immeuble en cours de rénovation proche de la rue d'Aubagne se sont effondrés, rappelant l'urgence persistante.
📍 **CONTEXTE**
- Un rapport de 2015 évaluait à environ 40 000 le nombre de logements indignes à Marseille, soit près de 10 % du volume national alors que la ville ne représente que 1,3 % de la population française.
- Dans les Bouches-du-Rhône, près de 40 % des locataires vivent sous le seuil de pauvreté.
- Aujourd'hui, la municipalité affirme avoir sorti 1 000 immeubles du péril en six ans, mais 950 immeubles restent sous arrêté et 472 personnes ont été délogées, dont 389 prises en charge par la ville.
👥 **ACTEURS**
- **Audrey Garino**, adjointe au maire chargée de l'habitat : « L'action de la ville commence à donner des résultats, mais ce n'est pas encore massif. »
- **La SPLA-IN** (société publique locale d'aménagement) pilote les chantiers de près de 180 immeubles « très dégradés », dont 70 % doivent être convertis en logement social.
- **Les prévenus** : un ex-adjoint au maire, un expert-architecte, des propriétaires, etc.
- **Les associations de victimes** et les habitants, qui dénoncent un « habitat indigne qui tue toujours ».
📊 **ENJEUX**
- Le procès en appel doit déterminer les responsabilités pénales dans l'effondrement de 2018. Les peines prononcées en première instance pourraient être alourdies ou confirmées.
- Au-delà du procès, la question de l'habitat indigne reste cruciale : 56 000 demandes de logement social sont en attente, alors que Marseille ne compte que 22 % de logements sociaux (loi SRU : 25 %).
- La ville a créé une direction dédiée à la lutte contre l'habitat indigne avec près de 200 agents, mais les moyens restent jugés insuffisants par les associations.
🔮 **PERSPECTIVES**
- **Scénario tendanciel** : le procès en appel se déroule sans condamnation majeure, et la ville poursuit ses rénovations au rythme actuel (1 000 immeubles sortis du péril en six ans).
- **Scénario de rupture** : des condamnations exemplaires pourraient accélérer la prise de conscience et les financements, mais aussi provoquer des recours et des blocages.
- Les prochaines échéances : le verdict du procès en appel, attendu dans les mois à venir, et la poursuite des travaux de la SPLA-IN sur les 180 immeubles.
Contexte
Similaire à la catastrophe de la rue d'Aubagne en 2018, qui avait déjà conduit à un procès en première instance en 2024.
Pourquoi c'est important
Ce procès concerne directement les habitants de Marseille, où près de 40 000 logements sont encore indignes. Il pose la question de la responsabilité des élus et des propriétaires, et de l'efficacité des politiques publiques pour protéger les locataires les plus précaires.
Acteurs clés
- Audrey Garino — Adjointe au maire de Marseille chargée de l'habitat
Défend l'action de la municipalité - Prévenus du procès — Ex-adjoint au maire, expert-architecte, propriétaires
Jugés pour leur responsabilité dans l'effondrement
Chiffres clés
- 8 morts — Victimes (Sud Radio)
- 15 — Prévenus (L'Humanité / Sud Radio)
- 40 000 — Logements indignes (2015) (Rapport 2015 cité par Sud Radio)
- 950 — Immeubles sous arrêté (Sud Radio)
- 472 — Personnes délogées (Sud Radio)
- 1 000 — Immeubles sortis du péril (L'Humanité / Sud Radio)
Et ensuite
Scénario tendanciel : le procès en appel se conclut sans bouleversement, la ville continue ses rénovations au rythme actuel. Scénario de rupture : des condamnations exemplaires pourraient accélérer les financements et la prise de conscience, mais aussi provoquer des recours.
Questions fréquentes
Quand a eu lieu l'effondrement de la rue d'Aubagne à Marseille ?
Le 5 novembre 2018, trois immeubles se sont effondrés rue d'Aubagne à Marseille, faisant huit morts. Le procès en appel s'ouvre huit ans plus tard, en novembre 2026.
Combien de prévenus sont jugés dans le procès en appel de la rue d'Aubagne ?
Quinze prévenus sont appelés à répondre du drame, dont un ex-adjoint au maire, un expert-architecte et des propriétaires.
Quelle est la situation de l'habitat indigne à Marseille aujourd'hui ?
Selon un rapport de 2015, environ 40 000 logements étaient indignes à Marseille. En 2026, 950 immeubles sont sous arrêté de péril et 472 personnes ont été délogées. La ville affirme avoir sorti 1 000 immeubles du péril en six ans.
Sources
- *« À Marseille, l’habitat indigne tue toujours » : 8 ans après les effondrements de la rue d’Aubagne, le procès en appel s’ouvre entre colère et espoirs* (nouvelle fenêtre)L'Humanité
- *Rue d'Aubagne à Marseille : début du procès en appel* (nouvelle fenêtre)Sud Radio
- Habitat indigne à Marseille : 650 personnes toujours en attente de relogement (nouvelle fenêtre)France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur
- 7 ans après, Commémoration en mémoire des 08 victimes des effondrements à Marseille, retour sur... (nouvelle fenêtre)Primitivi
- Marseille: une sinistrée de la rue d'Aubagne attend toujours son indemnisation (nouvelle fenêtre)BFM MARSEILLE
- À Marseille, ils rendent hommage aux 8 victimes de la rue d’Aubagne (nouvelle fenêtre)M6 Info
- Logement indigne : six mois après le drame de Marseille (nouvelle fenêtre)ici
- Drame de la rue d'Aubagne : le procès s'est ouvert dans l'émotion (nouvelle fenêtre)Maritima Médias
- Marseille. Procès des effondrements mortels de la rue d’Aubagne: réactions des associations (nouvelle fenêtre)Destimed
- Un an après le drame de la rue d'Aubagne, Stéphane Ravier évoque l'habitat indigne à Marseille (nouvelle fenêtre)Stéphane Ravier