Deux séropositifs entament une grève de la faim à Reims pour une loi contre la sérophobie.
À Reims, Christophe Paco et Nicolas Aragona, séropositifs et harcelés, ont débuté une grève de la faim le 24 août pour réclamer une **loi d'urgence** reconnaissant la **sérophobie**. Ils alertent sur des **menaces de mort** et une pétition a déjà recueilli plus de 3 600 signatures.
L'analyse
📌 **FAITS**
- Le lundi 24 août 2026, deux hommes séropositifs ont entamé une grève de la faim à Reims (Marne).
- Christophe Paco, 53 ans, s'installe devant le palais de justice à 8h00 ; Nicolas Aragona, 37 ans, influenceur connu sous le pseudonyme *Supersero*, le rejoint à 11h00.
- Ils dénoncent des discriminations subies : harcèlement répété, menaces de mort et même une menace d'« acide ». Paco affirme avoir déposé plusieurs plaintes classées sans suite contre son voisin.
- Leur demande : une « loi d'urgence » reconnaissant la sérophobie et protégeant les personnes vivant avec le VIH, avant la fin du mandat présidentiel.
- Une pétition en ligne (Openpetition) atteignait 3 600 signatures à la mi-journée pour Le Monde, 3 721 pour L'Humanité.
- Des soutiens se sont déplacés, dont Valentin, venu de Montélimar (600 km).
📍 **CONTEXTE**
En France, environ 181 000 personnes vivaient avec le VIH en 2023, et 5 100 ont découvert leur séropositivité en 2024 (Santé publique France). La sérophobie – discrimination spécifique liée au VIH – n'est pas reconnue juridiquement. Ce mouvement s'inscrit dans une longue histoire de luttes contre la stigmatisation des malades du sida, mais c'est la première grève de la faim d'ampleur demandant une loi dédiée. Aujourd'hui, cela signifie que des personnes sont encore victimes de menaces de mort en raison de leur statut sérologique, sans protection légale spécifique.
👥 **ACTEURS**
- **Christophe Paco** : Rémois, séropositif, dit être harcelé par son voisin. Poids actuel : 64 kg ; son médecin lui conseille de ne pas descendre sous 50 kg, mais il « est prêt à aller en dessous ». Citation : « Je perdrai mes kilos tant que nous n'obtiendrons pas de projet de loi ».
- **Nicolas Aragona** : Influenceur niçois (400 000 abonnés TikTok, 110 000 Instagram), rejoint la grève. Il dénonce des « vagues de harcèlement massif, avec menaces de mort » et des intrusions à domicile.
- **Un soutien, Valentin** : Venu de Montélimar, affirme que la sérophobie « doit être reconnue et exister dans le débat, il faut qu'il y ait une loi ».
- **Le gouvernement** : implicitement interpellé via la demande d'une loi d'urgence avant la fin du mandat d'Emmanuel Macron.
📊 **ENJEUX**
Pour le citoyen, ce mouvement met en lumière un vide juridique : aucun texte ne qualifie spécifiquement la sérophobie comme circonstance aggravante ou délit. Les personnes vivant avec le VIH restent donc vulnérables au harcèlement sans recours efficace. La grève de la faim vise une reconnaissance légale qui faciliterait les poursuites et protégerait mieux les victimes. C'est un enjeu de santé publique et de droits humains – la stigmatisation freine le dépistage et l'observance des traitements.
🔮 **PERSPECTIVES**
Scénario tendanciel : la grève de la faim attire l'attention médiatique, la pétition atteint des milliers de signatures, et le gouvernement pourrait être contraint d'annoncer des mesures (mission parlementaire, projet de loi dédié). Scénario de rupture : si aucune avancée n'intervient, les grévistes pourraient voir leur santé se dégrader (risque sous 50 kg), forçant une intervention médicale et un arrêt du mouvement, au risque de laisser la sérophobie hors du droit.
Contexte
Cette action s'inscrit dans la continuité des combats contre la stigmatisation du VIH menés depuis les années 1980, mais c'est la première grève de la faim réclamant une reconnaissance légale explicite de la sérophobie en France.
Pourquoi c'est important
Cette grève de la faim concerne directement des personnes vivant avec le VIH, mais aussi tous les citoyens : elle interroge les limites de la protection juridique contre les discriminations. Comprendre ce mouvement, c'est comprendre pourquoi la reconnaissance de la sérophobie comme délit spécifique pourrait changer concrètement la vie des personnes séropositives, et pourquoi un vide légal expose à des violences non sanctionnées.
Acteurs clés
- Christophe Paco — Gréviste de la faim, personne séropositive
Rémois, affirme être harcelé par son voisin, plaintes classées sans suite - Nicolas Aragona — Influenceur (pseudonyme Supersero), gréviste
Dénonce des vagues de harcèlement massif et des menaces de mort - Valentin — Soutien
Venu de Montélimar pour appuyer le mouvement
Chiffres clés
- 181 000 — Personnes vivant avec le VIH en France (2023) (Santé publique France)
- 5 100 — Découvertes de séropositivité (2024) (Santé publique France)
- 3 600 — Signatures de la pétition (mi-journée) (Openpetition via Le Monde)
- 400 000 — Abonnés TikTok de Nicolas Aragona (Comptes personnels)
Et ensuite
Scénario tendanciel : si aucune réponse politique n'émerge, la grève de la faim pourrait durer des semaines, avec un risque médical pour les grévistes. La pression médiatique pourrait toutefois pousser le gouvernement à ouvrir un chantier législatif. Scénario de rupture : un projet de loi d'urgence serait déposé rapidement, ou au contraire l'épuisement physique contraindrait l'arrêt du mouvement sans avancée concrète.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la sérophobie ?
La sérophobie désigne les discriminations, préjugés et violences spécifiquement dirigés contre les personnes vivant avec le VIH/sida. Ce terme n'est pas encore reconnu juridiquement en France, ce qui rend difficile la sanction de ces actes.
Pourquoi ces hommes ont-ils entamé une grève de la faim ?
Christophe Paco et Nicolas Aragona, séropositifs, affirment être victimes de harcèlement et de menaces de mort. Ils demandent une loi d'urgence reconnaissant la sérophobie et protégeant les personnes vivant avec le VIH, faute de réponse judiciaire à leurs plaintes.
Quel est le contexte épidémiologique du VIH en France ?
Selon Santé publique France, environ 181 000 personnes vivaient avec le VIH en 2023, et 5 100 ont découvert leur séropositivité en 2024. Ces chiffres montrent que la maladie reste présente et que la stigmatisation peut freiner le dépistage et l'accès aux soins.