PRISM
🧪 Environnement 24 juin 2026 Bruit 50%

Antilles : plus de 80 % de la population serait contaminée au chlordécone

L'étude **Kannari 2** de **Santé publique France** montre que **81,3%** des adultes en Guadeloupe et **85,5%** en Martinique sont imprégnés au **chlordécone**, un pesticide interdit depuis 1993. Près d'un **sixième** dépasse le seuil de risque sanitaire, tandis que le volet pénal se poursuit en cassation.

L'analyse

📌 **FAITS** : L'étude Kannari 2, réalisée par Santé publique France sur environ 2 300 personnes, actualise les données de 2013-2014 (alors >90% de contamination). Elle révèle que 81,3% des adultes guadeloupéens et 85,5% des Martiniquais sont contaminés au chlordécone. Près d'un sixième (14,3% en Guadeloupe, 18,7% en Martinique) dépasse le seuil de risque sanitaire. Les pêcheurs et agriculteurs sont les plus touchés, et la concentration augmente avec l'âge. L'annonce a été faite le mardi 23 juin 2026, le même jour que la confirmation du non-lieu dans le volet pénal par la cour d'appel de Paris, suscitant un pourvoi en cassation des parties civiles.

📍 **CONTEXTE** : Le chlordécone, insecticide utilisé dans les bananeraies de 1972 à 1993, a été interdit en France métropolitaine dès 1990, mais autorisé aux Antilles jusqu'en 1993. Classé possible cancérogène par l'OMS dès 1979, il a contaminé massivement les sols, l'eau et le milieu marin. Une première étude (Kannari 1, 2013-2014) avait déjà montré une contamination quasi généralisée. Aujourd'hui, malgré l'interdiction, la persistance du pesticide dans l'environnement continue d'exposer la population via l'alimentation locale.

👥 **ACTEURS** : **Santé publique France** (via Jacques Rosine, délégué régional) a présenté les résultats. Les **parties civiles** (avocats des victimes) qualifient la situation de « jour sombre ». La **cour d'appel de Paris** a rendu un non-lieu dans le volet pénal, mais un pourvoi en cassation a été annoncé par les plaignants. Les pouvoirs publics (État, agences sanitaires) sont en première ligne pour la gestion sanitaire et la dépollution.

📊 **ENJEUX** : Le principal enjeu est sanitaire : même si les aliments sont conformes aux normes de mise sur le marché, ils ne sont « pas à zéro chlordécone », selon Jacques Rosine. Le seuil de risque sanitaire utilisé (basé sur l'exposition chronique) pourrait être insuffisant. Les disparités géographiques (zones contaminées 2 à 3 fois plus exposées) et professionnelles (pêcheurs, agriculteurs) soulèvent des questions de justice environnementale. L'enjeu juridique est l'éventuelle responsabilité de l'État et des industriels dans ce scandale sanitaire.

🔮 **PERSPECTIVES** : **Scénario tendanciel** : sans dépollution massive des sols et sans révision des seuils réglementaires, la contamination persistera pendant des décennies, maintenant un risque sanitaire pour les générations futures. **Scénario de rupture** : un plan d'action public d'envergure (dépollution, suivi médical renforcé, aide à la reconversion agricole) pourrait réduire l'exposition, mais nécessite des moyens financiers et une volonté politique que les associations jugent aujourd'hui insuffisants.

Contexte

Similaire à la crise du chlordécone aux Antilles dans les années 2000, mais avec une ampleur désormais chiffrée par les études épidémiologiques successives (Kannari 1 en 2013-2014, Kannari 2 en 2026).

Pourquoi c'est important

Ce sujet concerne directement les habitants des Antilles, mais aussi les consommateurs de produits antillais en métropole. Le mécanisme est simple : un pesticide persistant dans l'environnement contamine toute la chaîne alimentaire locale, et les normes actuelles ne garantissent pas une exposition nulle. Pour le citoyen, cela signifie que même une alimentation conforme peut exposer à des résidus toxiques, avec des risques potentiels pour la santé à long terme.

Acteurs clés

  • Santé publique France — Agence sanitaire publique
    A réalisé l'étude Kannari 2
  • Jacques Rosine — Délégué régional de Santé publique France
    Porte-parole de l'étude
  • Avocats des parties civiles — Représentants des victimes
    Dénoncent un 'jour sombre' et annoncent un pourvoi en cassation

Chiffres clés

  • 81,3% — Taux de contamination en Guadeloupe (Santé publique France / Étude Kannari 2)
  • 85,5% — Taux de contamination en Martinique (Santé publique France / Étude Kannari 2)
  • 14,3% — Dépassement du seuil de risque sanitaire en Guadeloupe (Santé publique France / Étude Kannari 2)
  • 18,7% — Dépassement du seuil de risque sanitaire en Martinique (Santé publique France / Étude Kannari 2)
  • 1972-1993 — Période d'utilisation du chlordécone aux Antilles (Contexte historique)

Et ensuite ?

**Scénario tendanciel** : sans dépollution massive des sols et sans révision des seuils réglementaires, la contamination persistera pendant des décennies, maintenant un risque sanitaire pour les générations futures. **Scénario de rupture** : un plan d'action public d'envergure (dépollution, suivi médical renforcé, aide à la reconversion agricole) pourrait réduire l'exposition, mais nécessite des moyens financiers et une volonté politique que les associations jugent aujourd'hui insuffisants.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le chlordécone ?

Le chlordécone est un insecticide organochloré utilisé dans les bananeraies aux Antilles de 1972 à 1993. Il est classé comme possible cancérogène pour l'homme par l'OMS et persiste dans l'environnement pendant plusieurs décennies.

Quels sont les risques pour la santé liés au chlordécone ?

L'exposition chronique au chlordécone est associée à un risque accru de cancer de la prostate, de troubles du développement neurologique et de perturbations endocriniennes. Santé publique France indique que 'le risque d'apparition d'effets sur la santé ne peut être exclu' pour les personnes dépassant le seuil sanitaire.

Que faire pour se protéger du chlordécone aux Antilles ?

Les autorités recommandent de diversifier son alimentation, de privilégier les produits importés pour les légumes racines et de limiter la consommation de poissons de rivière et de crustacés locaux. Cependant, même les aliments conformes aux normes peuvent contenir des résidus, selon Santé publique France.

Sources

Lire l'analyse complète dans PRISM