Affaire Mis et Thiennot : la Cour de révision refuse la réhabilitation
La **Cour de révision** a rejeté le 2 juillet 2026 la demande de **réhabilitation** de Raymond Mis et Gabriel Thiennot, condamnés en 1950 pour le meurtre d'un garde-chasse. Les juges estiment que les charges restantes sont suffisantes, malgré les doutes sur l'enquête initiale.
L'analyse
📌 **FAITS**
- Le 31 décembre 1946, le garde-chasse Louis Boistard est assassiné à Saint-Michel-en-Brenne (Indre).
- Raymond Mis et Gabriel Thiennot sont condamnés en 1950 à 15 ans de travaux forcés.
- Sept requêtes en révision sont déposées depuis 1952, dont la dernière après un amendement de 2021.
- Le 2 juillet 2026, la Cour de révision refuse d'annuler la condamnation, estimant que les charges restantes sont suffisantes.
- Les investigations complémentaires n'ont pas écarté les charges ni confirmé les rumeurs d'un autre coupable.
📍 **CONTEXTE**
L'affaire Mis et Thiennot est l'une des plus anciennes controverses judiciaires françaises. Depuis 80 ans, les familles et des élus locaux réclament la révision, pointant des aveux obtenus sous la violence et des pistes non explorées. Aujourd'hui, la décision de la Cour met un terme définitif à ce combat, mais ravive le débat sur les erreurs judiciaires.
👥 **ACTEURS**
- **Thierry Thiennot** (fils de Gabriel) : « C’est la fin du combat », « la justice a failli ».
- **Avocats des héritiers** (Mes Jean-Pierre Mignard, Pierre-Emmanuel Blard, Imrane Ghermi) : dénoncent des « vices fondamentaux » mais saluent une « grande victoire morale ».
- **Avocat général Pascal Bougy** : s'est opposé à la révision, évoquant « la pression de l’opinion publique » et une « croyance populaire ».
- **Président de la Cour de révision Nicolas Bonnal** : reconnaît que les enquêteurs n'ont pas exploré toutes les pistes, mais justifie les soupçons initiaux.
📊 **ENJEUX**
- **Pour les familles** : la décision est un coup d'arrêt après des décennies de mobilisation. 31 communes avaient déjà nommé des rues ou places aux noms de Mis et Thiennot.
- **Pour la justice** : la Cour réaffirme le principe de l'autorité de la chose jugée, mais les critiques sur les méthodes de l'enquête de 1946 persistent.
- **Pour le contribuable** : les frais de procédure et d'investigations complémentaires (non chiffrés) sont désormais clos.
🔮 **PERSPECTIVES**
- **Scénario tendanciel** : la décision est définitive, aucune voie de recours ordinaire n'est possible. Les héritiers pourraient tenter une saisine de la Cour européenne des droits de l'homme, mais les chances sont faibles.
- **Scénario de rupture** : la découverte de nouvelles preuves matérielles (ADN, témoignage) pourrait rouvrir le dossier, mais la Cour a déjà jugé les investigations complémentaires insuffisantes.
Contexte
Depuis 1952, sept requêtes en révision ont été déposées, sans succès. Cette décision met fin à 80 ans de contestation judiciaire, comparable à l'affaire Seznec.
Pourquoi c'est important
Cette affaire emblématique de 80 ans interroge la fiabilité de la justice française et la possibilité de réviser des condamnations anciennes. Elle montre les limites du système judiciaire face à des décennies de contestation, et concerne tout citoyen soucieux de l'équité des procès.
Acteurs clés
- Thierry Thiennot — Fils de Gabriel Thiennot
Partisan de l'innocence de son père - Pascal Bougy — Avocat général
Opposé à la révision - Nicolas Bonnal — Président de la Cour de révision
A rendu la décision - Mes Jean-Pierre Mignard, Pierre-Emmanuel Blard, Imrane Ghermi — Avocats des héritiers
Déçus mais saluent une 'grande victoire morale'
Chiffres clés
- 31 décembre 1946 — Date du meurtre (La Croix)
- 1950, 15 ans de travaux forcés — Condamnation (20 Minutes)
- 7 — Nombre de requêtes en révision (La Croix)
- 2009 — Décès de Raymond Mis (La Croix)
- 2003 — Décès de Gabriel Thiennot (La Croix)
- 31 — Communes ayant nommé des espaces publics (20 Minutes)
Et ensuite ?
Scénario Tendanciel : la décision est définitive, les héritiers n'ont plus de recours interne. Scénario de Rupture : une nouvelle preuve matérielle (ADN, témoignage) pourrait rouvrir le dossier, mais la Cour a déjà jugé les investigations complémentaires insuffisantes.
Questions fréquentes
Pourquoi la Cour de révision a-t-elle refusé la réhabilitation de Mis et Thiennot ?
La Cour a estimé que les charges restantes contre les deux hommes étaient suffisantes pour justifier leur condamnation, et que les investigations complémentaires n'avaient pas écarté ces charges ni confirmé l'existence d'un autre coupable.
Qui étaient Raymond Mis et Gabriel Thiennot ?
Deux chasseurs de l'Indre condamnés en 1950 à 15 ans de travaux forcés pour le meurtre du garde-chasse Louis Boistard en 1946. Ils ont toujours clamé leur innocence et sont décédés respectivement en 2009 et 2003.
Quelles sont les prochaines étapes possibles après ce refus ?
La décision de la Cour de révision est définitive en droit interne. Les héritiers pourraient saisir la Cour européenne des droits de l'homme, mais les chances de succès sont limitées car la procédure française a été jugée conforme.