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🏭 Économie 3 juillet 2026 Bruit 30%

Matthieu Pigasse subordonne la reprise de Fibre Excellence à l'engagement de l'État et menace 670 emplois.

Le banquier **Matthieu Pigasse** a déposé une offre de reprise du papetier **Fibre Excellence** en redressement judiciaire. L'offre, portée par son groupe **Combat** et des fonds régionaux, est conditionnée à un **engagement de l'État** sur le tarif de rachat de l'électricité et l'approvisionnement en bois. **670 emplois directs** et une filière de **10 000 emplois** sont en jeu.

Matthieu Pigasse subordonne la reprise de Fibre Excellence à l'engagement de l'État et menace 670 emplois.

L'analyse

📌 **FAITS**

- Jeudi soir (2 juillet 2026), Matthieu Pigasse a déposé une offre de reprise de Fibre Excellence auprès du tribunal de commerce de Toulouse.

- L'offre est portée par son groupe Combat, associé à deux fonds gérés par les régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d'Azur.

- Un tour de table avec des investisseurs de la filière bois et papier doit être finalisé.

- L'offre est conditionnée à l'engagement de l'État sur deux points précis : le tarif de rachat de l'électricité produite par l'usine de Saint-Gaudens et les conditions de fourniture du bois (via l'ONF).

- Fibre Excellence est le numéro 1 de la pâte à papier en France, avec deux usines (Saint-Gaudens et Tarascon), 670 salariés directs et une filière de plus de 10 000 emplois.

- Le groupe a été placé en redressement judiciaire fin avril 2026 après le refus de son actionnaire Jackson Wijaya d'investir davantage. La direction actuelle a retiré sa propre offre le 22 juin, laissant la place à Pigasse.

- Trois critères jugés importants par le repreneur : le tarif de rachat de l'électricité de Saint-Gaudens, l'approvisionnement en bois aidé par l'ONF et la réintégration de Saint-Gaudens dans le système européen des quotas carbone.

- Le gouvernement propose de relever de 20% le tarif de rachat de l'électricité, sans préciser le volume exact, ce que Pigasse estime insuffisant.

- Une audience est prévue lundi 6 juillet au tribunal de commerce de Toulouse.

📍 **CONTEXTE**

Fibre Excellence produit les trois quarts de la pâte à papier consommée en France. Sa filière bois génère une explosion du prix des copeaux et du bois, ce qui a rendu déficitaire la production d'électricité (co-génération). L'entreprise subit une double peine : coût de l'énergie en hausse (50% d'augmentation sur le marché français) et concurrence internationale. Aujourd'hui, ce dossier test pour la politique de réindustrialisation française survient après l'échec de l'actionnaire historique Jackson Wijaya, un milliardaire indonésien qui a refusé de remettre au pot. La reprise par un banquier « de gauche » comme Pigasse, associé à des régions socialistes, ravive le débat sur le rôle de l'État dans l'industrie.

👥 **ACTEURS**

- **Matthieu Pigasse** (banquier d'affaires, président du groupe Combat) : propose une reprise avec un business plan « réaliste » mais exige un engagement fort de l'État.

- **Carole Delga** (présidente de la région Occitanie) : soutien public, parle d'« offre fondée sur un business plan réaliste, une gouvernance solide et une véritable ambition industrielle ».

- **Jackson Wijaya** (actionnaire sortant) : a refusé d'investir davantage, provoquant le redressement.

- **Tribunal de commerce de Toulouse** : doit décider lundi 6 juillet de la suite de la procédure.

- **Gouvernement** (ministre de l'Industrie) : propose une hausse de 20% du tarif de rachat de l'électricité, mais Pigasse juge cela insuffisant.

📊 **ENJEUX**

- **Pour les salariés** : 670 emplois directs menacés, plus 10 000 emplois dans la filière (exploitants forestiers, transporteurs).

- **Pour les contribuables** : l'État doit accepter de subventionner l'électricité (tarif de rachat) et faciliter l'approvisionnement en bois via l'ONF. Le coût n'est pas chiffré.

- **Pour la souveraineté industrielle** : la France pourrait perdre son leader de la pâte à papier, un secteur stratégique pour l'emballage (carton) et le textile.

- **Pour l'image de Pigasse** : souvent critiqué pour ses affaires « avec des pays en ruine », cette reprise pourrait renforcer ou fragiliser sa crédibilité.

🔮 **PERSPECTIVES**

**Scénario tendanciel** : l'État accepte de relever le tarif de rachat de l'électricité au-delà des 20% et garantit l'approvisionnement en bois via l'ONF. L'offre de Pigasse est validée par le tribunal, les emplois sont sauvés à court terme, mais la rentabilité industrielle reste fragile.

**Scénario de rupture** : l'État refuse de s'engager plus, Pigasse retire son offre ou le tribunal juge le plan insuffisant. Fibre Excellence est alors liquidée, 670 salariés perdent leur emploi, la filière bois française est gravement déstabilisée.

**À surveiller** : l'audience de lundi 6 juillet, la position du ministère de l'Économie et les réactions des syndicats (CGT déjà mobilisée).

Contexte

Similaire à la reprise de l'usine Alstom par l'État en 2014 ou au sauvetage de Bridgestone en 2021, ce dossier illustre les tensions entre intervention publique et libre marché.

Pourquoi c'est important

Ce sujet concerne directement 670 salariés et plus de 10 000 emplois indirects dans la filière bois-papier. Il illustre le dilemme entre sauvetage industriel et orthodoxie budgétaire : l'État doit décider s'il subventionne l'énergie pour préserver un fleuron industriel. En tant que contribuable, vous paierez (ou non) cette aide ; en tant que consommateur, le prix du carton et du papier pourrait augmenter en cas de liquidation.

Acteurs clés

  • Matthieu Pigasse — Banquier d'affaires, président du groupe Combat
    A déposé une offre de reprise conditionnée à l'engagement de l'État
  • Carole Delga — Présidente de la région Occitanie
    Soutient l'offre de Pigasse
  • Jackson Wijaya — Actionnaire sortant de Fibre Excellence
    A refusé d'investir davantage, provoquant le redressement judiciaire

Chiffres clés

  • 670 — Emplois directs de Fibre Excellence (Le Figaro, BFMTV)
  • Plus de 10 000 — Emplois indirects dans la filière bois-papier (BFMTV)
  • +20% (volume non précisé) — Hausse proposée du tarif de rachat de l'électricité (Le Figaro)

Et ensuite ?

**Scénario Tendanciel** : L'État accepte une hausse du tarif de rachat de l'électricité et garantit l'approvisionnement en bois via l'ONF. Le tribunal valide l'offre de Pigasse, les emplois sont sauvés à court terme, mais la rentabilité industrielle reste fragile. **Scénario de Rupture** : L'État refuse de s'engager, Pigasse retire son offre, le tribunal prononce la liquidation. 670 emplois perdus, la filière bois française est déstabilisée, le prix du papier et du carton augmente.

Questions fréquentes

Pourquoi Fibre Excellence est-elle en redressement judiciaire ?

Le papetier a été placé en redressement fin avril 2026 après que son actionnaire Jackson Wijaya a refusé d'investir davantage. L'entreprise souffre aussi d'une forte hausse du coût du bois et des copeaux, rendant déficitaire sa production d'électricité.

Quelles sont les conditions de l'offre de Matthieu Pigasse ?

L'offre est conditionnée à un engagement de l'État sur le tarif de rachat de l'électricité produite par l'usine de Saint-Gaudens (à augmenter de 20% au moins) et sur l'approvisionnement en bois via l'ONF. Pigasse demande également la réintégration de Saint-Gaudens dans le système européen des quotas carbone.

Que se passera-t-il si l'État ne s'engage pas ?

Matthieu Pigasse a prévenu que « rien n'est encore acquis ». Si l'État ne répond pas à ses demandes, l'offre pourrait être retirée, menant probablement à la liquidation de Fibre Excellence et à la perte des 670 emplois directs.

Sources

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