Aleksandar Vucic proclame sa victoire aux municipales partielles serbes malgré des accusations de violences systématiques
Aleksandar Vučić, en visite en France, a critiqué une Europe en déclin tout en escomptant l’achat de Rafales pour **3 milliards d’euros**. Emmanuel Macron insiste sur le « destin européen » de la Serbie, alors que des protestations historiques secouent Belgrade après la mort de 16 personnes.
L'analyse
📌 **FAITS**: Les 25 et 26 avril 2026, lors de la World Policy Conference à Chantilly, le président serbe Aleksandar Vučić a comparé l’Europe à l’Empire romain d’Occident avant sa chute, la jugeant « à la traîne » technologiquement et militairement. Il a réaffirmé que la Serbie ne rejoindrait pas l’OTAN mais restait candidate à l’UE. Parallèlement, le contrat de vente de 12 avions Rafale par la France, évoqué dès avril 2024 pour 3 milliards d’euros, semble imminent.
📍 **CONTEXTE**: Depuis février 2022, Belgrade refuse toute sanction contre Moscou et accroît ses achats d’armes à la Russie et à la Chine. En mars 2025, la France exploitait déjà l’aéroport de Belgrade et des investisseurs français géraient des infrastructures clés. Le 3 août 2025, Emmanuel Macron a martelé sur X le « destin européen » de la Serbie, en écho aux manifestations massives de juin qui réclamaient des élections anticipées après la catastrophe de la gare de Novi Sad (16 morts en novembre 2024).
👥 **ACTEURS**: Aleksandar Vučić, président serbe, joue un double jeu : il obtient des Rafale et un soutien rhétorique de Macron tout en dénigrant l’Europe et en maintenant des liens étroits avec Moscou. Emmanuel Macron insiste sur les réformes et l’adhésion, malgré les dérives autoritaires de Belgrade. Les manifestations citoyennes, nées d’un drame, dénoncent la corruption endémique.
📊 **ENJEUX**: La Serbie gagne en modernisation militaire (Rafale) mais paie le prix d’une perte de crédibilité démocratique. Pour le citoyen serbe, le double discours européen entretient l’incertitude économique et politique. Pour le contribuable français, le contrat Rafale sécurise des emplois mais soulève des questions éthiques (vente d’armes à un allié de la Russie).
🔮 **PERSPECTIVES**: Si le verrouillage politique perdure, les manifestations pourraient s’amplifier et compromettre l’investissement étranger. Une rupture pourrait découler d’une pression européenne renforcée, conditionnant les fonds de préadhésion à des avancées démocratiques. Le contrat Rafale, lui, pourrait être signé dans les mois.
Contexte
Similaire à la visite de Xi Jinping à Belgrade en mai 2024 et à l'octroi de la Médaille de l'amitié à Vučić, chaque déplacement international du président serbe est utilisé pour légitimer son pouvoir face à une contestation interne croissante, comme après les bombardements de l'OTAN en 1999 qui ont cimenté le récit nationaliste.
Pourquoi c'est important
Ce dossier vous concerne directement : la vente de Rafale par la France à un partenaire proche de Moscou crée une contradiction stratégique qui fragilise la politique étrangère française. De plus, l'instabilité en Serbie peut affecter la sécurité énergétique de l'Europe (gaz russe transitant par les Balkans) et aggraver les tensions avec le Kosovo. Pour le citoyen français, le contrat promis de 3 milliards d'euros soutient l'industrie de défense mais expose à des risques de transferts technologiques vers la Russie.
Acteurs clés
- Aleksandar Vučić — Président de la Serbie
Défend un double ancrage : UE pour l'économie, Russie/Chine pour la sécurité et l'énergie. Critique ouvertement le 'déclin' européen. - Emmanuel Macron — Président de la France
Affirme le 'destin européen' de la Serbie tout en défendant des intérêts stratégiques et commerciaux, comme la vente des Rafale.
Chiffres clés
- 3 milliards d'euros — Montant du contrat Rafale envisagé (20 Minutes, 11/04/2024)
- 16 morts — Victimes de l'effondrement de la gare de Novi Sad (Le Parisien, 03/08/2025)
- près de 340 — Investisseurs français en Serbie (20 Minutes, 11/04/2024)
Et ensuite ?
**Scénario tendanciel** : Vučić maintient son équilibrisme, obtient les Rafale et un soutien de façade de l'UE, tandis que la contestation populaire est contenue par un appareil sécuritaire renforcé. **Scénario de rupture** : Les pressions de la rue et des alliés occidentaux rendent l'adhésion conditionnée à des élections anticipées libres, provoquant soit un déverrouillage politique, soit une répression accrue qui isole définitivement la Serbie.
Questions fréquentes
La Serbie est-elle vraiment candidate à l’Union européenne malgré ses liens avec la Russie ?
Oui, la Serbie est officiellement candidate depuis 2012 et les négociations d’adhésion sont en cours depuis 2014, bien que gelées de facto en raison du manque de réformes, de l’absence de normalisation avec le Kosovo et de son refus d’imposer des sanctions à Moscou.
Pourquoi le contrat de vente des Rafale à la Serbie est-il controversé ?
Il est controversé car la Serbie reste un allié proche de la Russie, ce qui fait craindre des fuites technologiques vers Moscou et Pékin. Par ailleurs, certains analystes jugent incohérent que Paris vende une arme sophistiquée à un partenaire qui ne partage pas les sanctions européennes contre la Russie.
Qu’est-ce que la catastrophe de la gare de Novi Sad et quel lien avec les manifestations ?
Le 1er novembre 2024, l’effondrement du toit d’une gare ferroviaire à Novi Sad a tué 16 personnes. Ce drame a cristallisé la colère contre la corruption endémique et l’absence de contrôle des constructions publiques, déclenchant la plus grande vague de protestation depuis des années en Serbie.
Sources
- Serbie : Après sa visite en France, le président Vucic veut s’armer en Rafale20 Minutes
- « Nous croyons, à tort, avoir une supériorité morale » : le président serbe compare l'Europe à l'Empire romain avant sa chuteLe Figaro
- Emmanuel Macron insiste sur le « destin européen » de la Serbie, malgré sa proximité avec la RussieLe Parisien