Le tribunal de Paris relaxe un homme ayant menti à des prêtres, faute d'escroquerie.
Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé Évariste N., 70 ans, qui avait extorqué **plus de 200 000 euros** à une trentaine de prêtres âgés en mentant sur sa santé et ses finances. Les juges ont estimé que **des mensonges sans faux documents ni mise en scène** ne constituent pas une escroquerie. Sa femme a également été relaxée.
L'analyse
📌 **FAITS** : Le 10 juillet 2026, le tribunal correctionnel de Paris a relaxé Évariste N.L., 70 ans, et son épouse, poursuivis pour escroquerie et recel. Entre juin 2019 et décembre 2025, l'homme avait adressé des lettres de mendicité à une trentaine de prêtres âgés, inventant de faux problèmes de santé, des décès familiaux (dont un aïeul de 126 ans) et des difficultés administratives. Il a ainsi obtenu plus de 200 000 euros (selon Le Figaro) ou 235 330 euros (selon La Croix). L'argent servait notamment à acheter de la bière. L'audience s'était tenue le 8 juin 2026, sans l'avocat du couple parti enterrer un parent.
📍 **CONTEXTE** : La décision repose sur une interprétation stricte de l'escroquerie (article 313-1 du Code pénal), qui exige l'usage de « manœuvres frauduleuses » (faux documents, mise en scène, intervention d'un tiers). Les simples mensonges, même répétés et ciblant des personnes vulnérables, ne suffisent pas. Cette affaire rappelle les limites de la loi face à des abus de confiance sans artifice matériel.
👥 **ACTEURS** : **Évariste N.L.** (70 ans, prévenu) : a déclaré « je savais que Dieu m’aiderait » après la relaxe. Il ne travaillait plus depuis 20 ans et tirait un revenu mensuel moyen de 2 800 euros. **Son épouse** : relaxée pour recel. **Les prêtres victimes** : une trentaine de religieux âgés, ciblés par des lettres. **Le tribunal** : a jugé que les mensonges n'étaient accompagnés « d’aucun artifice ni mise en scène ni faux document ni intervention ».
📊 **ENJEUX** : Cette relaxe soulève une question juridique et sociétale : où placer la frontière entre le mensonge punissable et l'abus de confiance non réprimé ? Pour le citoyen, cela signifie que des personnes vulnérables (personnes âgées, isolées) peuvent être dépouillées sans recours pénal si l'auteur n'utilise pas de faux documents. L'enjeu financier est réel : 200 000 à 235 000 euros détournés, sans restitution possible.
🔮 **PERSPECTIVES** : **Scénario tendanciel** : la jurisprudence reste stable, les victimes devront se tourner vers le civil pour obtenir réparation, avec des chances limitées. **Scénario de rupture** : un éventuel pourvoi en cassation ou une réforme législative pourrait élargir la définition de l'escroquerie aux mensonges répétés ciblant des personnes vulnérables. Aucune annonce en ce sens n'a été faite.
Contexte
Similaire à l'affaire dite « des faux miraculés » où des escrocs utilisaient de faux certificats médicaux. Ici, l'absence d'artifice matériel a fait la différence.
Pourquoi c'est important
Cette affaire vous concerne car elle montre une faille juridique : des mensonges répétés, même s'ils ruinent des personnes âgées, peuvent échapper aux poursuites pénales faute de « manœuvres frauduleuses » matérielles. En clair, un escroc qui ne produit pas de faux papiers mais ment avec insistance peut être relaxé, ce qui affaiblit la protection des victimes vulnérables.
Acteurs clés
- Évariste N.L. — Prévenu relaxé
A soutiré de l'argent à des prêtres par des mensonges répétés - Épouse d'Évariste N.L. — Prévenue relaxée pour recel
Relaxée avec son mari - Tribunal correctionnel de Paris — Juridiction
A relaxé les prévenus faute de manœuvres frauduleuses
Chiffres clés
- Plus de 200 000 euros — Montant extorqué (Figaro) (Le Figaro)
- 235 330 euros — Montant extorqué (La Croix) (La Croix)
- Une trentaine de prêtres — Nombre de victimes (Le Figaro et La Croix)
- Juin 2019 à décembre 2025 — Période des faits (La Croix)
- 2 800 euros — Revenu mensuel moyen du prévenu (La Croix)
Et ensuite
Scénario Tendanciel : la jurisprudence reste inchangée, les victimes d'abus de confiance sans faux documents n'obtiendront pas de condamnation pénale. Scénario de Rupture : une réforme législative pourrait élargir la définition de l'escroquerie aux mensonges répétés ciblant des personnes vulnérables, ou la Cour de cassation pourrait requalifier les faits en abus de faiblesse.
Questions fréquentes
Pourquoi le tribunal a-t-il relaxé l'homme malgré les sommes importantes ?
Parce que la loi française exige, pour caractériser une escroquerie, des « manœuvres frauduleuses » comme des faux documents, une mise en scène ou l'intervention d'un tiers. Les simples mensonges, même répétés, ne suffisent pas.
Les prêtres victimes peuvent-ils récupérer leur argent ?
Oui, mais uniquement par une action civile, pas par la voie pénale. La relaxe ne les empêche pas de demander des dommages et intérêts devant un tribunal civil, mais le prévenu pourrait ne pas avoir les moyens de rembourser.
Cette décision fait-elle jurisprudence ?
Oui, elle confirme une interprétation stricte de l'escroquerie. D'autres affaires similaires pourraient être jugées de la même manière, sauf si la loi est modifiée ou si la Cour de cassation donne une interprétation différente.
Sources
- *«Un simple mensonge n’est pas un délit» : à Paris, relaxe de l’homme qui a soutiré 200.000 euros à une trentaine de prêtres*Le Figaro
- *De « simples mensonges » : relaxe pour le fidèle menteur qui a soutiré 230 000 € à de vieux prêtres*La Croix
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