Baisse marquée des émissions de gaz à effet de serre en France au premier trimestre, en raison d’un hiver très chaud
Les émissions de gaz à effet de serre en France ont baissé de **4,8%** au premier trimestre 2026 par rapport à 2025, principalement grâce à un **hiver très doux** qui a réduit les besoins de chauffage. Cette baisse conjoncturelle, portée par les secteurs résidentiel et tertiaire, reste **insuffisante** pour atteindre les objectifs climatiques, qui exigent des réductions annuelles de **5 à 6%** dès 2026.
L'analyse
📌 **FAITS**: Le Citepa a publié le 8 juillet 2026 des estimations provisoires montrant une baisse de 4,8% des émissions de GES au premier trimestre 2026 par rapport au premier trimestre 2025. Les émissions sont passées de 103,5 Mt CO2eq à 98,5 Mt. Cette baisse est principalement due à un hiver très doux ayant réduit la consommation de chauffage dans le résidentiel et le tertiaire : consommation de gaz naturel en baisse de 12,7%, fioul domestique en baisse de 13,3%. Les ventes de gazole ont baissé de 5,7%, mais le transport aérien intérieur a augmenté de 6,4%. L'industrie manufacturière et la construction ont également contribué à la baisse (agroalimentaire -300 000 t, chimie -200 000 t, métallurgie ferreuse -200 000 t). Les baisses annuelles précédentes étaient de -3% en 2024 et -2,1% en 2025. Une première estimation mi-juin faisait état d'une baisse de 5,2%, révisée à 4,8%.
📍 **CONTEXTE**: La France a connu un hiver 2025-2026 exceptionnellement chaud, avec des températures largement supérieures aux normales saisonnières. Ce phénomène météorologique a mécaniquement réduit les besoins de chauffage, principal poste d'émissions du secteur résidentiel. Cependant, cette baisse conjoncturelle ne reflète pas une transformation structurelle de l'économie. Les objectifs de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC) révisée exigent des réductions annuelles de 5 à 6% à partir de 2026 pour rester sur la trajectoire de neutralité carbone en 2050. Les baisses des années précédentes (2022 : -6,8%, 2023 : -3,9%, 2024 : -3%, 2025 : -2,1%) montrent un ralentissement tendanciel.
👥 **ACTEURS**: Le **Citepa** (Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique) est l'organisme mandaté pour réaliser les inventaires nationaux d'émissions. Ses estimations provisoires sont publiées trimestriellement. Le **gouvernement français** (ministère de la Transition écologique) utilise ces données pour piloter la politique climatique. Les **secteurs résidentiel et tertiaire** sont les principaux contributeurs à la baisse, tandis que le **transport aérien intérieur** a vu ses émissions augmenter de 6,4%, signalant une reprise post-COVID.
📊 **ENJEUX**: Le principal enjeu est le **caractère conjoncturel** de cette baisse. Un hiver doux réduit temporairement les émissions, mais ne résout pas la dépendance aux énergies fossiles. La France doit accélérer la décarbonation structurelle (isolation des bâtiments, électrification des transports, décarbonation de l'industrie) pour atteindre les objectifs. La troisième canicule de l'année 2026, mentionnée par Le Monde, rappelle l'urgence climatique. Pour le citoyen, cela signifie que les efforts individuels et collectifs doivent être maintenus, et que les politiques publiques doivent être renforcées.
🔮 **PERSPECTIVES**: **Scénario tendanciel** : si les hivers restent doux (réchauffement climatique), les émissions pourraient continuer à baisser mécaniquement, mais le rythme structurel restera insuffisant. **Scénario de rupture** : un hiver froid ferait remonter les émissions, soulignant la fragilité de la baisse actuelle. La France doit impérativement atteindre des réductions de 5 à 6% par an, ce qui nécessite des mesures fortes (rénovation énergétique, sortie des énergies fossiles, fiscalité carbone).
Contexte
Similaire à la baisse de 6,8% en 2022, également due à des conditions météorologiques favorables (hiver doux), mais suivie d'un ralentissement.
Pourquoi c'est important
Cette baisse des émissions de GES est une **bonne nouvelle apparente**, mais elle est largement due à un **hiver exceptionnellement doux** qui a réduit les besoins de chauffage. Pour le citoyen, cela signifie que **sans actions structurelles** (isolation, transports propres), la France risque de **ne pas atteindre ses objectifs climatiques** et de subir des **canicules plus fréquentes** comme celle qui frappe actuellement le pays. Le mécanisme est simple : un hiver chaud = moins de chauffage = moins d'émissions, mais ce n'est pas une tendance durable.
Acteurs clés
- Citepa — Organisme technique d'inventaire des émissions
A publié les estimations provisoires du premier trimestre 2026 - Gouvernement français — Autorité politique en charge de la transition écologique
Doit piloter la mise en œuvre de la SNBC
Chiffres clés
- 4,8% — Baisse des émissions de GES au T1 2026 vs T1 2025 (Citepa via Le Monde et La Croix)
- 103,5 Mt CO2eq — Émissions T1 2025 (Citepa via La Croix)
- 98,5 Mt CO2eq — Émissions T1 2026 (Citepa via La Croix)
- 12,7% — Baisse consommation gaz naturel (Citepa via La Croix)
- 13,3% — Baisse consommation fioul domestique (Citepa via La Croix)
- 5,7% — Baisse ventes gazole (Citepa via La Croix)
- 6,4% — Hausse transport aérien intérieur (Citepa via La Croix)
- 5 à 6% — Baisse annuelle nécessaire à partir de 2026 (Stratégie nationale bas carbone via Le Monde)
Et ensuite
**Scénario tendanciel** : si les hivers restent doux (réchauffement climatique), les émissions pourraient continuer à baisser mécaniquement, mais le rythme structurel restera insuffisant (moins de 5% par an). **Scénario de rupture** : un hiver froid ferait remonter les émissions, soulignant la fragilité de la baisse actuelle. La France doit impérativement atteindre des réductions de 5 à 6% par an, ce qui nécessite des mesures fortes (rénovation énergétique, sortie des énergies fossiles, fiscalité carbone).
Questions fréquentes
Pourquoi les émissions de GES ont-elles baissé de 4,8% au premier trimestre 2026 ?
Principalement en raison d'un hiver très doux qui a réduit les besoins de chauffage dans les secteurs résidentiel et tertiaire, entraînant une baisse de 12,7% de la consommation de gaz naturel et de 13,3% du fioul domestique.
Cette baisse est-elle suffisante pour atteindre les objectifs climatiques de la France ?
Non, car elle est conjoncturelle. La Stratégie nationale bas carbone exige des réductions annuelles de 5 à 6% à partir de 2026, et les baisses précédentes étaient plus faibles (-3% en 2024, -2,1% en 2025).
Quels secteurs ont le plus contribué à cette baisse ?
Le secteur résidentiel et tertiaire grâce à la baisse du chauffage, suivi de l'industrie manufacturière et de la construction. En revanche, le transport aérien intérieur a augmenté ses émissions de 6,4%.