La Cédéao approuve la construction du gazoduc Nigeria-Maroc, accélérant l'intégration énergétique africaine.
Les chefs d'État de la Cédéao ont signé un accord intergouvernemental pour le gazoduc Nigeria-Maroc (NMGP), un projet de **6 000 km** traversant **13 pays**. Estimé à **23 milliards d'euros**, il reliera l'Afrique de l'Ouest à l'Europe via le Gazoduc Maghreb Europe. Les travaux débuteraient en **2028** pour des livraisons en **2031**.
L'analyse
📌 **FAITS**: Le 19 juillet 2026, lors du sommet de Freetown, les chefs d'État de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) ont signé un accord intergouvernemental approuvant la construction du gazoduc Nigeria-Maroc (NMGP). Ce gazoduc d'environ 6 000 km traversera 13 pays africains, du Nigeria au Maroc, où il se connectera au Gazoduc Maghreb-Europe (GME), offrant ainsi une voie d'exportation vers l'Europe. Le projet, proposé en 2016 par le roi Mohammed VI, est porté par l'Office national des hydrocarbures et des mines du Maroc (ONHYM) et la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC). Le siège de la société de projet sera à Casablanca, tandis que l'autorité de gouvernance siégera à Abuja. Le coût est estimé à 23 milliards d'euros (ou 25 milliards de dollars selon certaines sources secondaires). Les travaux devraient démarrer en 2028, avec les premières livraisons de gaz attendues en 2031.
📍 **CONTEXTE**: Le NMGP s'inscrit dans la continuité du Gazoduc de l'Afrique de l'Ouest (WAGP) existant, mais ambitionne de créer une dorsale énergétique africaine globale. Depuis 2016, le projet a connu des études de faisabilité et des négociations avec les pays traversés. Aujourd'hui, l'accord de la Cédéao marque une validation politique de premier plan, indispensable pour attirer les financements et lancer les appels d'offres. Ce projet est comparé au gazoduc transcaspien ou au Southern Gas Corridor européen, mais avec une échelle continentale inédite.
👥 **ACTEURS**: Les principaux acteurs sont le Maroc (via l'ONHYM) et le Nigeria (via la NNPC), promoteurs historiques. La Cédéao, en tant qu'organisation régionale, a fourni le cadre politique. Les 13 pays de transit (Bénin, Togo, Ghana, Côte d'Ivoire, Liberia, Sierra Leone, Guinée, Guinée-Bissau, Gambie, Sénégal, Mauritanie, etc.) ont chacun leur mot à dire sur les conditions de passage. Du côté des acheteurs, l'Union européenne suit le projet avec intérêt pour diversifier ses sources d'approvisionnement en gaz. Aucune opposition formelle n'est rapportée dans les sources.
📊 **ENJEUX**: Pour le citoyen africain, le gazoduc promet une meilleure accès à l'électricité et une industrialisation locale. Pour le consommateur européen, il offre une alternative au gaz russe. L'enjeu financier est colossal : 23 milliards d'euros à mobiliser, avec des retombées économiques potentielles pour les pays traversés (redevances, emplois, infrastructures). Le mécanisme est simple : le gaz nigérian est acheminé vers le Maroc, puis liquéfié ou directement exporté via le GME vers l'Espagne et le reste de l'Europe. En clair : ce projet réduit la dépendance énergétique de l'Europe vis-à-vis de la Russie tout en créant un marché régional africain.
🔮 **PERSPECTIVES**: Scénario tendanciel : si les financements suivent et que la stabilité politique des pays traversés est maintenue, les premières livraisons en 2031 sont réalistes. Scénario de rupture : un retard dû aux conflits au Sahel, à la concurrence d'autres projets (gazoduc transsaharien) ou à la transition énergétique accélérée (baisse de la demande de gaz) pourrait compromettre la viabilité économique. Ce qu'il faut surveiller : les appels d'offres, les engagements des banques de développement et la position de l'Union européenne qui pourrait conditionner son soutien à des critères environnementaux.
Contexte
Similaire au lancement du gazoduc Maghreb-Europe en 1996, mais avec une échelle africaine inédite et dans un contexte de diversification énergétique post-2022.
Pourquoi c'est important
Ce projet de gazoduc Nigeria-Maroc concerne directement les citoyens européens qui cherchent à sécuriser leur approvisionnement énergétique face aux tensions géopolitiques. Pour les Africains, il promet une électrification accrue et des revenus d'exportation. Le mécanisme est simple : le gaz est extrait au Nigeria, transporté sur 6 000 km à travers l'Afrique de l'Ouest jusqu'au Maroc, puis relié au réseau européen. L'accord de la Cédéao est le feu vert politique nécessaire pour lever les 23 milliards d'euros.
Acteurs clés
- Mohammed VI — Roi du Maroc, initiateur du projet
Soutien historique depuis 2016 - ONHYM (Office National des Hydrocarbures et des Mines du Maroc) — Promoteur et copilote du projet
Siège de la société de projet à Casablanca - NNPC (Nigerian National Petroleum Corporation) — Promoteur et copilote du projet
Autorité de gouvernance à Abuja - Cédéao — Organisation régionale ayant approuvé l'accord
A signé l'accord intergouvernemental à Freetown
Chiffres clés
- 6 000 km — Longueur du gazoduc (France24 / Renseignement Économique)
- 13 — Nombre de pays traversés (France24)
- 23 milliards d'euros — Coût estimé (France24)
- 2028 — Début des travaux (France24 / Renseignement Économique)
- 2031 — Premières livraisons (France24 / Renseignement Économique)
Et ensuite ?
**Scénario tendanciel** : si les financements internationaux (Banque mondiale, BAD, investisseurs privés) sont bouclés d'ici 2027, les travaux commenceront en 2028 et les premiers volumes de gaz nigérian arriveront en Europe dès 2031, renforçant la sécurité énergétique du continent. **Scénario de rupture** : un conflit au Sahel, une chute brutale des prix du gaz due à la transition énergétique, ou l'émergence d'une alternative moins chère (gaz de schiste local, hydrogène) pourrait repousser sine die le démarrage, laissant des infrastructures coûteuses inachevées.
Questions fréquentes
Quelle est la longueur du gazoduc Nigeria-Maroc ?
Le gazoduc mesure environ 6 000 kilomètres et traversera 13 pays africains du Nigeria au Maroc.
Quand les premières livraisons de gaz sont-elles prévues ?
Selon l'accord, les travaux devraient débuter en 2028 pour des premières livraisons en 2031.
Quel est le coût estimé du projet ?
Le coût est estimé à 23 milliards d'euros, soit environ 25 milliards de dollars américains.