Les salariés de RTE activent leur droit d'alerte après deux explosions d'appareils de mesure à Squividan.
Les salariés de maintenance de RTE (environ 4 000 agents) ont exercé leur **droit d'alerte** le 29 juin après l'explosion de deux appareils de mesure le 24 juin au poste 225 kV de Squividan (Finistère). Ils réclament l'identification des **550 appareils à risque** et la mise en place de **périmètres de sécurité**, tandis que RTE annonce un plan d'investissement de **24 milliards d'euros** d'ici 2040.
L'analyse
📌 **FAITS**
- **24 juin 2026** : deux appareils de mesure explosent au poste électrique 225 000 volts de Squividan (Finistère); le second incident survient alors que des agents d'astreinte se trouvent à proximité.
- **29 juin 2026** : les représentants du personnel de maintenance (environ 4 000 salariés sur un total de 10 000) exercent leur **droit d'alerte** lors d’un CSE spécial, dénonçant l’absence de mesures de protection de la direction.
- Les salariés demandent que « tous les appareils à risques soient identifiés » et qu’« un périmètre de sécurité autour de ces appareils soit établi ».
- RTE reconnaît un « unique incident impliquant deux appareils de mesure » mais affirme n’avoir « dénombré d’incidents ayant porté atteinte à la sécurité des biens et des personnes, ni de départs d’incendies causés par nos ouvrages pendant cette période de canicule ».
- Selon Francis Casanova, délégué syndical CGT, il y aurait **550 appareils de ce type à risque** en France.
📍 **CONTEXTE**
Le mécanisme de défaillance : la chaleur provoque de la condensation au niveau de la tête de l’appareil, ce qui affecte l’isolant électrique et peut créer un arc électrique → explosion. Aujourd’hui, cette fragilité est amplifiée par des canicules de plus en plus fréquentes et intenses dues au changement climatique.
👥 **ACTEURS**
- **Salariés de maintenance de RTE** (CGT, CFE‑CGC…) : ils exercent un « droit d’alerte » pour contraindre la direction à protéger les agents et le réseau.
- **Direction de RTE** : elle insiste sur l’absence de conséquences humaines ou matérielles graves, et renvoie à un plan d’investissement de 24 milliards d’euros d’ici 2040.
- **Francis Casanova** (délégué CGT) : porte-parole des salariés, il a confirmé les faits au Monde.
📊 **ENJEUX**
- **Sécurité des travailleurs** : en cas de nouvel incident, des agents peuvent être exposés à des arcs électriques (températures, projections).
- **Continuité d’approvisionnement électrique** : l’explosion d’appareils peut entraîner des coupures locales, voire des déséquilibres du réseau.
- **Coût pour le contribuable/consommateur** : les 24 milliards d’euros d’investissement seront répercutés sur le tarif d’acheminement de l’électricité (TURPE).
- **Enjeu climatique** : l’adaptation des infrastructures aux canicules devient une nécessité structurelle.
🔮 **PERSPECTIVES**
- **Scénario tendanciel** : RTE remplace progressivement les 550 appareils à risque, mais le rythme dépendra des financements. Les salariés pourraient multiplier les alertes.
- **Scénario de rupture** : un incident majeur (incendie, blessé grave) forcerait une accélération des investissements et un durcissement réglementaire sur la sécurité des postes électriques.
Contexte
Similaire à la canicule de 2003 qui avait révélé la vulnérabilité des infrastructures électriques (transformateurs et lignes).
Pourquoi c'est important
Cet article vous concerne car la **sécurité du réseau électrique** est un enjeu direct pour tout citoyen : une panne peut priver des milliers de foyers d’électricité en pleine canicule. Derrière le « droit d’alerte » des salariés, c’est la **vulnérabilité de nos infrastructures face au réchauffement climatique** qui est mise en lumière, avec des conséquences potentielles sur votre facture d’électricité et la fiabilité de votre approvisionnement.
Acteurs clés
- Francis Casanova — Délégué syndical CGT chez RTE
Réclame l'identification et la mise en sécurité de tous les appareils à risque - Direction de RTE — Gestionnaire du réseau de transport d'électricité
Affirme n'avoir déploré aucun incident grave et renvoie au plan 24 milliards d'ici 2040
Chiffres clés
- 2 — Explosions d'appareils de mesure (Le Figaro / Franceinfo)
- 4 000 — Salariés de maintenance de RTE (Le Figaro)
- 550 — Appareils à risque estimés (Francis Casanova (CGT))
- 24 milliards d'euros d'ici 2040 — Plan d'investissement RTE (RTE (via Franceinfo))
Et ensuite ?
**Scénario tendanciel** : les alertes se multiplient avec chaque canicule ; RTE remplace les appareils au fil de l'eau, mais sans accélération brutale. Coût pour le consommateur : hausse progressive du TURPE. **Scénario de rupture** : un incident grave (incendie, électrocution) force un plan d'urgence, suspend certains postes électriques, entraîne des coupures rotatives et accélère les investissements (coût immédiat répercuté sur les factures).
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le « droit d'alerte » des salariés de RTE ?
C'est une procédure légale (article L.4131-1 du code du travail) qui permet aux représentants du personnel de signaler un danger grave et imminent. En l'exerçant, ils obligent l'employeur à examiner les risques et à prendre des mesures de protection.
Combien d'appareils sont potentiellement dangereux selon les syndicats ?
Selon Francis Casanova (CGT), 550 appareils du même type sont répartis sur tout le territoire français et pourraient présenter un risque similaire en cas de forte chaleur.
Quel est le montant prévu par RTE pour adapter son réseau au climat ?
La direction de RTE a annoncé un plan d'investissement de 24 milliards d'euros d'ici 2040, visant à renforcer les infrastructures face aux effets du changement climatique.