Le gouvernement publie la liste des animaux « nuisibles » pouvant être tués, la LPO annonce un recours au Conseil d’État
Le ministère de la Transition écologique a publié vendredi 21 août 2026 au Journal officiel la nouvelle liste des espèces classées « nuisibles » (ESOD) pour trois ans. Les chasseurs et piégeurs peuvent continuer à tuer renards, belettes, fouines, corbeaux et autres. La LPO dénonce un « non-sens économique » et promet un recours en justice.
L'analyse
📌 **FAITS**
- Vendredi 21 août 2026, le ministère de la Transition écologique a publié au Journal officiel l'arrêté fixant la liste des espèces susceptibles d'occasionner des dégâts (ESOD), communément appelées « nuisibles ». Cette liste est reconduite pour trois ans, jusqu'en 2029.
- Neuf espèces sont concernées : le renard roux, la martre des pins, la fouine, la belette, la corneille noire, le corbeau freux, l'étourneau sansonnet, la pie bavarde et le geai des chênes.
- Des conditions strictes s'appliquent : la belette, la fouine et la martre ne peuvent être piégées qu'à moins de 250 mètres d'un bâtiment ou d'un élevage. Le renard peut être détruit à tir sur autorisation individuelle du préfet. Le tir des corvidés reste interdit dans les nids.
- La LPO (Ligue pour la protection des oiseaux) a annoncé un recours devant le Conseil d'État. L'association Aspas annonce également des actions en justice, tandis que la Fédération nationale des chasseurs défend le système.
- Une étude du Muséum national d'histoire naturelle, publiée en mars 2025 dans la revue *Biological Conservation*, conclut que l'élimination massive de ces espèces ne réduit pas les pertes économiques et ne contribue pas à la baisse des effectifs pour certaines espèces.
📍 **CONTEXTE**
- Ces espèces sont classées « ESOD » depuis des décennies, principalement pour protéger les activités agricoles et avicoles. Toutefois, cette classification est régulièrement contestée devant la justice.
- En mai 2025, le Conseil d'État a annulé des classements dans 26 départements concernant le renard roux, la fouine et la corneille noire. Il a aussi annulé la martre dans 14 départements, mais le gouvernement vient de la réintégrer dans 14 départements.
- Aujourd'hui, cette nouvelle liste s'inscrit dans un mouvement de contestation scientifique et juridique croissante, avec l'Académie vétérinaire de France qui a adopté en novembre 2025 un avis appelant à une refonte méthodologique et éthique.
👥 **ACTEURS**
- **Ministère de la Transition écologique** : publie l'arrêté, justifie par la nécessité de « frappes chirurgicales » là où il y a un problème.
- **LPO** : dénonce l'arrêté, parle d'« irrationalité biologique » et d'un « non-sens économique » (éradication coûte 4 fois plus cher que les dégâts).
- **Fédération nationale des chasseurs (FNC)** : défend le système, le juge « adapté et proportionné ».
- **Aspas** : annonce des actions en justice contre de nombreux classements.
- **Académie vétérinaire de France** et **Igedd** (Inspection générale de l'environnement et du développement durable) : appellent à un changement de paradigme.
📊 **ENJEUX**
- Pour les citoyens : cette liste autorise des opérations de destruction d'animaux sauvages dans leur commune, souvent à proximité des habitations. Les piégeages peuvent être mis en place toute l'année pour certaines espèces.
- Pour les agriculteurs et aviculteurs : les dégâts attribués à ces espèces peuvent être lourds. Exemple : plus de 334 000 euros de dégâts causés par le renard dans les Deux-Sèvres en 2025, plus de 207 000 euros en Dordogne.
- Pour les défenseurs de la biodiversité : cette classification entretient une logique punitive contre des espèces protégées ailleurs en Europe, sans preuve d'efficacité.
🔮 **PERSPECTIVES**
- **Scénario tendanciel** : la liste reste en vigueur pendant trois ans, les recours devant le Conseil d'État peuvent aboutir à des annulations partielles (comme en 2025). Les opposants continueront de dénoncer un système inadapté.
- **Scénario de rupture** : si le Conseil d'État annule plusieurs classements (notamment martre et corbeau freux), le gouvernement pourrait être contraint de revoir sa méthodologie, comme le recommande l'Igedd. Une révision complète du système pourrait alors être engagée.
Contexte
Cette publication fait suite à plusieurs annulations du Conseil d'État en 2025, notamment la martre et le renard. Elle s'inscrit dans un débat récurrent depuis des décennies sur la gestion des espèces dites « nuisibles ».
Pourquoi c'est important
Ce sujet concerne directement les habitants des zones rurales et périurbaines où des pièges peuvent être installés. Il touche aussi à la gestion de la biodiversité et à l'utilisation de l'argent public : l'éradication de ces espèces coûte quatre fois plus cher que les dégâts qu'elles causent, selon la LPO et une étude du Muséum national d'histoire naturelle.
Acteurs clés
- Ministère de la Transition écologique — Auteur de l'arrêté
Le classement ESOD est « un cadre juridique qui permet de faire des interventions que l'on peut qualifier de “frappes chirurgicales” » - LPO (Ligue pour la protection des oiseaux) — Opposante
Dénonce l'arrêté et annonce un recours devant le Conseil d'État - Fédération nationale des chasseurs (FNC) — Défenseur du système
Considère le système comme adapté et proportionné - ASPAS (Association pour la protection des animaux sauvages) — Opposante
Annonce des actions en justice contre plusieurs classements
Chiffres clés
- 9 — Nombre d'espèces classées ESOD (Vert, 20minutes, Orange)
- 3 ans (jusqu'en 2029) — Durée du classement (Vert)
- 18 — Départements où le corbeau freux est réintégré (Vert)
- 14 — Départements où la martre est réintégrée (Vert)
- 4 fois plus cher — Coût de l'éradication ESOD par rapport aux dégâts (LPO citée par Orange et 20minutes)
- 334 000 euros — Dégâts attribués au renard dans les Deux-Sèvres (2025) (20minutes)
Et ensuite
**Scénario tendanciel** : la liste reste en vigueur jusqu'en 2029, les recours en justice pourraient aboutir à des annulations partielles, mais le gouvernement pourrait maintenir une logique de gestion par l'élimination.
**Scénario de rupture** : si le Conseil d'État annule plusieurs classements (martre, corbeau freux), le ministère pourrait être contraint de revoir sa méthode, comme le préconise l'Igedd, vers un système basé sur la prévention et la cohabitation.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une espèce classée « nuisible » (ESOD) ?
Une espèce susceptible d'occasionner des dégâts (ESOD) est une espèce sauvage que l'État autorise à tuer ou piéger pour limiter les dégâts agricoles ou avicoles. En France, la liste est fixée par arrêté ministériel tous les trois ans.
Quelles espèces sont concernées par la nouvelle liste ?
Neuf espèces : renard roux, martre des pins, fouine, belette, corneille noire, corbeau freux, étourneau sansonnet, pie bavarde et geai des chênes. Leur destruction est autorisée selon des conditions précises (distance des bâtiments, autorisation préfectorale).
Pourquoi la LPO conteste cette liste ?
La LPO estime que l'arrêté est un « non-sens économique » : l'éradication des ESOD coûte quatre fois plus cher que les dégâts qu'elles causent. Des études montrent que le piégeage ne réduit ni les populations ni les pertes économiques. Elle a annoncé un recours devant le Conseil d'État.
Sources
- Renards, fouines, corbeaux: le gouvernement publie la liste des "nuisibles" pouvant être tuésOrange actu
- Malgré les critiques, le gouvernement prolonge de trois ans le classement «nuisible» de neuf espèces d’oiseaux et de mammifèresVert
- Renard, belette, pie bavarde… Pourquoi ces espèces peuvent être chassées ou capturées toute l’année ?20 Minutes