Zoo de Beauval menace d'abandonner l'accueil des dauphins de Marineland sans soutien étatique
Le directeur Rodolphe Delord conditionne la création d’un **delphinarium de 45 millions d’euros** à une aide publique, menaçant d’abandonner le sort des 23 cétacés. Les associations animalistes dénoncent une **perpétuation de la captivité**, malgré la fermeture du Marineland d’Antibes en janvier 2025.
L'analyse
📌 **FAITS**
- Le Marineland d’Antibes a définitivement fermé il y a 18 mois, laissant le sort de ses dauphins en suspens.
- Huit des douze dauphins de Marineland ont été transférés en Espagne mi-juillet, accentuant l’urgence.
- Le ZooParc de Beauval a proposé d’accueillir 23 dauphins (Marineland + Planète Sauvage) dans un delphinarium inédit : 10 bassins sur 2,5 hectares, sans spectacle, avec un centre de recherche.
- Le coût du projet est estimé à **35 millions d’euros** (selon franceinfo) ou **45 millions d’euros** (selon Rodolphe Delord), intégralement à charge du zoo.
- Le 2 août 2026, le directeur Rodolphe Delord menace publiquement de renoncer au projet si l’État ne s’engage pas financièrement avant la rentrée. Il déclare : « Je dois mettre d’autres projets de Beauval en stand-by. »
- Une manifestation organisée le 1ᵉʳ août par l’association One Voice devant le zoo a dénoncé le projet comme « une continuité de la captivité ».
📍 **CONTEXTE**
- La loi du 30 novembre 2021 interdit la détention de cétacés dans des delphinariums à partir de 2026 en France, forçant la fermeture de Marineland. Aujourd’hui, les animaux restants n’ont plus de structure d’accueil légale sur le territoire.
- Depuis janvier 2025, les dauphins du Marineland vivent dans des bassins transitoires ; huit ont déjà été exfiltrés vers l’Espagne.
- Le projet de Beauval était présenté comme la solution « demandée par le gouvernement », mais il cristallise l’opposition entre bien-être animal et survie des spécimens captifs.
👥 **ACTEURS**
- **Rodolphe Delord**, directeur du ZooParc de Beauval : porteur du projet, menace de tout arrêter sans soutien financier de l’État. « Je ne sais pas si je vais réaliser le delphinarium », a-t-il affirmé au Parisien.
- **Muriel Arnal**, présidente de One Voice : dénonce « une continuité de la captivité » et prône des sanctuaires marins au lieu d’un nouveau delphinarium. « On ne peut pas étudier des dauphins en captivité, sauf pour étudier les conséquences de la captivité sur eux. »
- **Sea Shepherd France** : considère le delphinarium de Beauval comme une « solution transitoire nécessaire » pour éviter l’exportation des dauphins à l’étranger.
- **État/gouvernement** : destinataire de la demande de financement, mais selon Delord « le gouvernement a d’autres priorités ».
📊 **ENJEUX**
- **Mécanisme financier** : Sans subvention publique, le zoo devrait geler d’autres investissements (agrandissements, soins) pour financer seul le delphinarium, mettant en péril sa viabilité économique.
- **Conséquences pour le citoyen/consommateur** : Le contribuable pourrait être sollicité pour financer un équipement privé, tandis que le visiteur du zoo verrait son ticket augmenter ou les attractions réduites.
- **Enjeu de pouvoir** : Le bras de fer entre un zoo privé et l’État révèle l’absence de stratégie publique pour l’accueil des cétacés issus des delphinariums fermés, obligeant à des choix de dernière minute.
- **Bien-être animal** : Les associations jugent que même un bassin « sans spectacle » reste une prison pour des animaux « extrêmement intelligents ». Sea Shepherd argue que l’exil vers des delphinariums étrangers aux normes plus laxistes serait pire.
🔮 **PERSPECTIVES**
- **Scénario tendanciel** : Si l’État ne bouge pas d’ici septembre, Delord abandonne le projet. Les dauphins restants (4 à Marineland + ceux de Planète Sauvage) seraient probablement transférés vers d’autres parcs européens, hors de tout contrôle français.
- **Scénario de rupture** : Une intervention politique de dernière minute (subvention partielle, garantie d’emprunt) débloque le chantier pour une ouverture en mars 2027. Mais cela enflammerait les associations, avec un risque de recours judiciaires.
Contexte
En janvier 2025, la fermeture définitive du Marineland d’Antibes a laissé ses dauphins sans structure d’accueil légale en France, illustrant l’absence de planification post-interdiction de 2021.
Pourquoi c'est important
L’impasse financière menace directement l’avenir de 23 dauphins captifs, coincés entre la fermeture des delphinariums et l’absence de solution publique. Pour le citoyen, cette crise révèle que l’interdiction légale de 2021 n’a pas été accompagnée d’un plan d’accueil, laissant un zoo privé assumer seul la charge. Si Beauval renonce, les cétacés seront exportés vers des structures étrangères aux normes souvent inférieures, un échec pour la protection animale brandie par la loi.
Acteurs clés
- Rodolphe Delord — Directeur du ZooParc de Beauval
Veut réaliser un delphinarium de recherche sans spectacle, mais exige une aide de l'État - Muriel Arnal — Présidente de l'association One Voice
Opposée au projet, demande des sanctuaires marins - Sea Shepherd France — ONG de défense des océans
Soutient le delphinarium de Beauval comme solution transitoire pour éviter l'exportation
Chiffres clés
- 23 (dont 4 encore à Marineland, 8 transférés en Espagne) — Nombre de dauphins concernés (franceinfo)
- 35 à 45 millions d'euros — Coût estimé du delphinarium (franceinfo / Rodolphe Delord)
- mars 2027 — Date d'ouverture prévue (franceinfo)
Et ensuite ?
Scénario tendanciel : Delord abandonne, les dauphins sont exportés en Europe sans contrôle français, les associations crient au renoncement et la loi de 2021 est vidée de son sens. Scénario de rupture : un financement partiel de l'État débloque le chantier, mais provoque des recours d'associations et un débat sur l’usage des fonds publics pour un zoo privé.
Questions fréquentes
Pourquoi le zoo de Beauval menace-t-il d’abandonner le projet de delphinarium ?
Le directeur Rodolphe Delord réclame un soutien financier de l’État pour couvrir le coût du delphinarium (estimé entre 35 et 45 millions d’euros). Sans aide, il ne peut plus geler d’autres projets essentiels du zoo et menace de renoncer avant la rentrée.
Où se trouvent actuellement les dauphins de l’ancien Marineland d’Antibes ?
Huit des douze dauphins ont été transférés en Espagne mi-juillet. Les quatre restants sont en attente, tout comme les cétacés du parc Planète Sauvage. Le projet de Beauval prévoyait d’accueillir l’ensemble, soit 23 animaux.
Pourquoi les associations comme One Voice s’opposent-elles à ce delphinarium ?
Elles considèrent que construire de nouveaux bassins, même sans spectacle, perpétue la captivité et empêche le développement de sanctuaires marins. Elles estiment qu’on ne peut pas étudier ces animaux intelligents dans un milieu artificiel sans souffrance grave.
Sources
- *Projet de delphinarium au zoo de Beauval : une manifestation samedi pour dénoncer «une continuité de la captivité», à l'appel de One Voice*franceinfo
- *«Je ne sais pas si je vais réaliser le delphinarium» : le directeur du zoo de Beauval dans l’impasse*Le Parisien
- *Le directeur du zoo de Beauval menace d'abandonner le projet d'accueil des dauphins de Marineland, faute de soutien de l'État*franceinfo